Tout savoir sur le joint de dilatation pour terrasse extérieure

Publié le 14/01/2026
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Sur une terrasse extérieure, le béton, le carrelage ou la pierre ne restent jamais vraiment immobiles. Les dalles chauffent au soleil, se refroidissent la nuit, subissent la pluie, le gel, les charges des meubles et des passages répétés. Sans dispositif pour absorber ces mouvements, la surface se fissure, se bombe ou se décolle, parfois en moins de deux saisons. Le joint de dilatation pour terrasse extérieure joue alors le rôle de zone tampon, comme un petit amortisseur discret qui protège l’ouvrage. Bien dimensionné, bien positionné et réalisé avec des matériaux adaptés, il évite des réparations lourdes et préserve l’esthétique du jardin ou de la plage de piscine.

La difficulté, pour beaucoup de particuliers, vient du fait que ce joint reste invisible tant qu’il fonctionne. On le néglige facilement au profit du revêtement ou de la couleur du béton. Pourtant, les règles de l’art sont aussi strictes pour un joint que pour un tableau électrique bien dimensionné : on calcule, on anticipe les contraintes, on respecte des normes comme le DTU 13.3 pour les dallages et la NF EN 206 pour le béton. Une terrasse mal fractionnée peut se fissurer aussi sûrement qu’un disjoncteur sous-dimensionné finit par déclencher à répétition. L’objectif est clair : une surface extérieure qui reste stable, plane et sûre, même après plusieurs étés caniculaires et hivers rigoureux.

En bref

  • Protection structurelle : un joint de dilatation crée un interstice compressible qui absorbe les variations dimensionnelles du béton et limite les fissures sur terrasse extérieure.
  • Positionnement stratégique : on les place entre zones rigides (terrasse/maison, poteaux, escaliers) et sur les grandes longueurs, avec un entraxe de l’ordre de 20 à 30 m selon le DTU 13.3.
  • Matériaux adaptés : bandes en EPDM ou mousse polyéthylène, profilés alu ou acier, mastics PU ou MS résistants aux UV garantissent la durabilité en extérieur.
  • Pose rigoureuse : le joint se prépare avant coulage, sans laisser les armatures le traverser, un peu comme on sépare clairement chaque circuit dans un tableau électrique moderne.
  • Entretien léger mais régulier : contrôle visuel annuel, nettoyage et remplacement ponctuel des mastics évitent les infiltrations, l’éclatement au gel et les désordres coûteux.

Comprendre le rôle du joint de dilatation pour terrasse extérieure

Un dallage extérieur se comporte comme une grande plaque soumise à des contraintes multiples. Sous l’effet des écarts de température, le béton se dilate lorsqu’il se réchauffe et se rétracte lorsqu’il se refroidit. Ce mouvement reste millimétrique, mais cumulé sur plusieurs mètres de longueur, il génère des efforts internes capables de fissurer la surface, comme un circuit électrique surchargé finit par faire sauter un disjoncteur. Les cycles journaliers et saisonniers accentuent ce phénomène, surtout sur les bétons foncés qui absorbent davantage la chaleur.

Le joint de dilatation pour dalle de terrasse intervient précisément pour absorber ces variations. Il forme un vide calibré sur toute l’épaisseur du béton, comblé par un matériau compressible. Les panneaux de dalle peuvent ainsi avancer ou reculer légèrement les uns par rapport aux autres, sans se pousser au point de créer des soulèvements ou des éclats aux arrêtes. La largeur typique de ce joint se situe entre 20 et 40 mm, et sa continuité doit être totale, du support à la surface.

Pour bien saisir l’intérêt de ce dispositif, il est utile de distinguer plusieurs familles de joints, souvent confondues sur le terrain :

  • Le joint de dilatation : il absorbe les variations dimensionnelles de l’ouvrage à grande échelle. On le retrouve tous les 20 à 30 m sur des dallages extérieurs, ou entre une terrasse et la maison.
  • Le joint de retrait (ou de fractionnement) : généralement obtenu par sciage, il sert à canaliser les fissures liées au retrait de séchage du béton dans les heures et jours qui suivent le coulage, avec des mailles plus serrées (3 à 6 m).
  • Le joint de désolidarisation : il coupe la liaison entre la dalle et un élément fixe, comme un mur, un poteau ou un escalier, afin d’éviter que les mouvements de l’un ne se transmettent à l’autre.

Sur une terrasse familiale de 60 m² exposée plein sud, par exemple, le béton peut subir un écart de 40 °C entre une matinée fraîche et un après-midi de canicule. Avec un coefficient de dilatation de l’ordre de 10 à 12 x 10⁻⁶/°C, une longueur de 12 m peut gagner près de 5 mm. Sans joint capable d’absorber ce déplacement, les contraintes s’accumulent, aboutissant souvent à des fissures en carte ou à des soulèvements sous le carrelage.

Les pathologies observées sur le terrain sont parlantes. Dans un lotissement récent, une allée en béton décoratif de plus de 60 m coulée d’un seul tenant a présenté des microfissures longitudinales dès le premier été. Le rattrapage par injection de résine et pose tardive de couvre-joints a coûté plus cher que la mise en place de joints de dilatation correctement étudiés dès l’origine. À l’inverse, une terrasse fractionnée en panneaux de 5 x 6 m, avec joints périphériques et une bande compressible entre la terrasse et la maison, n’a montré aucun désordre après plusieurs années de service.

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La logique est la même que dans une installation électrique : on divise, on isole, on répartit les contraintes. De la même façon qu’un électricien sépare les circuits d’éclairage et de prises pour éviter les surcharges, un bon maçon segmente la dalle en panneaux indépendants. Cette approche évite que les efforts se concentrent au même endroit, ce qui finit toujours par casser. Pour mieux visualiser ces dispositifs, certains tutoriels vidéo détaillent les gestes à adopter sur chantier.

Au final, le joint de dilatation transforme une surface rigide en système de panneaux coordonnés, capables de travailler sans se détruire. C’est cette organisation qui fait la différence entre une terrasse qui vieillit bien et une dalle pleine de fissures après quelques hivers.

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Types de joints de dilatation pour terrasse extérieure et critères de choix

Il existe plusieurs technologies de joints, à choisir selon le type de terrasse (béton brut, carrelage, dalles sur plots, allée carrossable) et les contraintes d’usage. Chacune possède ses avantages en termes de performance, de pose et de rendu visuel. La sélection se prépare comme on choisirait un disjoncteur ou une borne de recharge adaptée à la puissance nécessaire : on tient compte des charges, de l’environnement et de la durabilité recherchée.

Joints préfabriqués compressibles

Les joints préfabriqués sont constitués de bandes en EPDM cellulaire, en mousse polyéthylène (PE) à cellules fermées ou en feutre bitumineux. Ils se présentent sous forme de rouleaux ou de profilés, posés avant le coulage de la dalle. Ces matériaux restent compressibles tout en résistant aux intempéries, aux UV et aux cycles gel/dégel. Sur une terrasse béton ou une plage de piscine, ils créent une séparation nette entre panneaux, parfois protégée en surface par un mastic élastomère.

Les bandes EPDM offrent une excellente tenue aux UV et conviennent bien aux terrasses très exposées. La mousse PE est plus économique, facile à découper sur mesure, pratique pour les bricoleurs organisés souhaitant suivre précisément le plan de fractionnement. Dans les environnements plus agressifs (zones industrielles, proximité de sels de déneigement), les feutres bitumineux renforcés maintiennent de bonnes performances.

Joints de fractionnement et profilés métalliques

Les joints de fractionnement servent surtout à découper la surface de la dalle en mailles régulières. Ils peuvent être réalisés par sciage après coulage ou grâce à des profilés métalliques insérés en surface. Un profilé en aluminium ou en acier galvanisé apporte une ligne visuelle nette, protège les lèvres du joint et facilite la lecture des panneaux sur le terrain, un peu comme les repères sur un tableau électrique moderne.

Pour une terrasse carrelée, des profilés spécialement conçus permettent de relier proprement deux zones de carrelage, tout en laissant un interstice de dilatation sous-jacent. Ces éléments participent à l’esthétique, surtout lorsqu’on souhaite coordonner la terrasse avec l’habillage de la façade ou d’un mur extérieur traité avec des solutions d’habillage décoratif et durable.

Joints périphériques et de désolidarisation

Les joints périphériques, souvent réalisés avec une bande compressible posée en pied de mur, isolent la dalle des éléments porteurs verticaux. Ils sont essentiels au droit des façades, des seuils de baie, des poteaux d’abri ou des escaliers. Cette désolidarisation évite les poussées latérales sur la maçonnerie et facilite la gestion des eaux de ruissellement.

Dans le cas d’une terrasse accolée à une maison, ne pas prévoir de joint contre la façade revient à bloquer la dalle sur un côté. Avec la dilatation, le béton pousse sur le mur, ce qui peut fissurer l’enduit ou provoquer des désordres au niveau des seuils. Un simple bandeau en EPDM ou en mousse PE de 20 à 40 mm, bien posé, supprime ce risque pour un coût modeste.

Critères de sélection et repères pratiques

Pour aider au choix, il est utile de croiser plusieurs critères : résistance mécanique, exposition au soleil, type de finition, trafic prévu (piétons, véhicules), et budget. Le tableau ci-dessous illustre quelques configurations typiques de terrasses extérieures et leurs solutions de joints associées.

Type de terrasse extérieure Entraxe de dilatation conseillé Largeur de joint usuelle Matériaux de joint recommandés
Terrasse béton décoratif clair (piétonne) 20–25 m 20–30 mm Bande EPDM + mastic PU ou MS
Allée carrossable légère 20 m 30–40 mm Mousse PE + couvre-joint alu ou acier
Plage de piscine carrelée 15–20 m 20–30 mm EPDM + mastic MS haute résistance UV
Terrasse collée contre maison Joint périphérique continu 20–40 mm Bande compressible en périphérie + profilé ou mastic

Comme pour toute pièce technique, la fiche du fabricant reste à consulter pour vérifier la compatibilité avec le béton, la plage de températures admissibles et la résistance aux UV. Un matériau mal choisi peut durcir, se pulvériser ou se décoller en quelques années, créant des jeux excessifs qui favoriseront les éclats de béton et les infiltrations. Mieux vaut investir dans des produits éprouvés, à l’image de ce que l’on ferait pour un joint de dilatation de dalle respectant les règles de l’art.

En résumé, le bon choix de joint tient en une idée : adapter la solution aux contraintes réelles de la terrasse, plutôt que de chercher un produit “passe-partout”.

Méthode de pose d’un joint de dilatation sur terrasse extérieure

La performance d’un joint ne dépend pas seulement de sa matière, mais aussi de sa mise en œuvre. Une bande compressible de qualité mal fixée, mal alignée ou coupée par les armatures perd en grande partie son utilité. La pose suit une séquence précise, comparable à la vérification d’un circuit avant mise sous tension : chaque étape prépare la suivante, et un simple oubli peut générer des désordres à retardement.

Préparation du support et traçage

Tout commence par le traçage du réseau de joints sur la fouille ou la forme support. Les dimensions de la terrasse, les points durs (murs, poteaux, escaliers) et les changements de géométrie guident la position des joints de dilatation et de fractionnement. Le hérisson de granulats est mis en place, compacté par couches successives pour éviter les tassements différentiels ultérieurs.

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Un film polyane est ensuite déployé et remonté en périphérie. Il coupe les remontées capillaires et assure une interface régulière sous la dalle. Les emplacements des futurs joints sont marqués au cordeau ou à la bombe, comme on repère les circuits sur un plan de tableau électrique. Ce quadrillage visuel limite les erreurs lors de la pose des bandes.

Installation des bandes compressibles et des profilés

Les bandes de joint sont positionnées sur les tracés, puis immobilisées par de petits plots de mortier, des clous ou des pierres plates, selon le support. L’objectif est simple : qu’elles restent parfaitement en place pendant le coulage, sans flotter ni se déformer. L’usage de planches de bois comme séparateur est à proscrire, car le bois gonfle à l’humidité et peut créer des surpressions et des microfissures en surface.

Un contrôle régulier à la règle longue permet de vérifier l’alignement et la verticalité des bandes. Sur certains chantiers, des profilés métalliques sont ajoutés en tête de joint pour assurer une finition rectiligne, surtout lorsque la terrasse est très visible ou s’harmonise avec une façade récemment traitée avec un enduit décoratif à l’intérieur.

Armatures, désolidarisation et coulage

Le treillis soudé est ensuite installé sur cales pour garantir un enrobage suffisant. Point crucial : les armatures ne doivent pas traverser le joint de dilatation. Un pont rigide annulerait l’effet de désolidarisation, comme un fil électrique oublié qui relierait deux circuits censés être indépendants. On interrompt donc le treillis au droit du joint, en veillant à ce que chaque panneau conserve sa propre armature.

Le béton conforme à la norme NF EN 206 est coulé en respectant la consistance recommandée. On le tire à la règle, puis on le taloche, en dégageant soigneusement le sommet des bandes pour maintenir la largeur de joint. La cure de surface (arrosage léger, produit de cure, bâchage) limite le retrait plastique, particulièrement sensible au droit des joints.

Finitions, mastics et couvre-joints

Une fois le béton suffisamment durci, le sommet de la bande compressible peut être recouvert d’un mastic élastomère ou d’un couvre-joint. Les mastics PU ou MS se posent sur un fond de joint adapté, pour respecter la règle classique du 2:1 entre largeur et profondeur. Cette géométrie en forme de “sablier” améliore la capacité du mastic à se déformer sans se décoller.

Sur les terrasses piétonnes, un mastic affleurant ou un profilé arrondi limite les risques d’accrochage. Sur les allées carrossables, un couvre-joint vissé en aluminium ou en acier galvanisé protège les lèvres contre le passage répété des roues. En cas de rénovation, il est parfois nécessaire de retirer un ancien mastic devenu cassant. Des techniques similaires à celles utilisées pour enlever du silicone sec proprement peuvent alors s’appliquer, avec outils adaptés et gestes précis.

Une fois la mise en œuvre terminée, un contrôle visuel final s’impose : rectitude des lignes, continuité des joints, absence de laitance coincée au fond. Cette rigueur de pose assure, pour la terrasse, une stabilité équivalente à ce que l’on attend d’une installation électrique bien câblée et protégée.

Matériaux, accessoires et intégration esthétique des joints de terrasse

La terrasse extérieure n’est pas seulement une dalle technique : c’est une pièce à vivre, souvent en lien direct avec le salon ou la cuisine. Les joints de dilatation doivent donc concilier performance mécanique et intégration esthétique. Les matériaux choisis pour les bandes, les mastics ou les couvre-joints influencent à la fois la durabilité et le rendu final, tout comme les finitions autour (murs, rives, seuils de baies).

Bandes compressibles et performances en extérieur

Les bandes en EPDM se distinguent par leur excellente tenue aux UV, à l’ozone et aux variations de température. Elles conservent leur élasticité sur plusieurs années, ce qui en fait une option de premier plan pour les terrasses très ensoleillées ou les plages de piscine. La mousse polyéthylène à cellules fermées est plus légère et plus économique, tout en offrant une bonne résilience. Elle se découpe facilement pour épouser les formes complexes, comme les arrondis autour d’un bassin ou les décrochements près d’un escalier.

Dans certains cas particuliers, des feutres bitumineux ou des bandes imprégnées sont utilisés, notamment lorsque la terrasse se situe dans un environnement industriel ou soumis à des agents chimiques. Là encore, le parallèle avec l’électricité est parlant : on ne choisit pas les mêmes conducteurs et protections pour un salon que pour un atelier.

Profilés métalliques, rives et finitions visibles

Les profilés en aluminium anodisé, en acier galvanisé ou en inox apportent un renfort mécanique aux arêtes de joint. Ils protègent les lèvres du béton contre les chocs, les coups de balai ou de pelle, et guident la ligne visuelle de la terrasse. Sur les surfaces carrelées, ces profilés agissent aussi comme pièces de finition, en marquant une transition nette entre deux panneaux ou deux revêtements.

Pour les bordures, l’usage de planches de rives correctement posées garantit une géométrie propre et une bonne évacuation de l’eau en pourtour de terrasse. Des guides dédiés, proches de ceux que l’on trouve pour bien poser une planche de rive, peuvent inspirer la méthode à suivre : traçage, alignement, fixation mécanique et traitement des angles.

Mastics élastomères et couvre-joints décoratifs

Les mastics polyuréthane (PU) offrent une forte adhérence sur béton et un bon compromis entre élasticité et résistance mécanique. Les mastics MS polymères, de plus en plus répandus, supportent mieux les UV et le jaunissement, ce qui est précieux sur les joints exposés au soleil. En choisissant une teinte proche de celle du béton ou du carrelage, le joint reste discret tout en assurant son rôle de protection contre l’eau.

Les couvre-joints, qu’ils soient métalliques ou en matériaux composites, complètent ce dispositif. Sur une terrasse où le design compte autant que la technique, un profilé alu brossé ou noir permet de rappeler des éléments d’architecture, comme les menuiseries ou la structure d’une pergola. L’ensemble forme alors une composition cohérente, où le joint devient un trait de structure assumé plutôt qu’un détail subi.

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Exemple concret d’intégration sur une terrasse contemporaine

Sur un projet de maison contemporaine, une terrasse de 80 m² en béton désactivé foncé a été organisée en panneaux réguliers de 5 x 5 m. Les joints de dilatation ont été matérialisés par des bandes EPDM de 30 mm, surmontées d’un mastic MS couleur anthracite. Les rives ont été soigneusement traitées, avec des angles de terrasse alignés sur les baies vitrées, de la même manière qu’on ajuste des plinthes à l’intérieur, en s’inspirant de techniques proches de celles utilisées pour couper des plinthes en angle proprement.

Résultat après plusieurs saisons : aucune fissure significative, des joints visuellement intégrés au dessin global, et une terrasse qui reste plane malgré des étés très chauds. À quelques rues de là, une terrasse de dimensions similaires, mais sans joints périphériques ni dilatation centrale, a développé un réseau de fissures en échiquier en moins de deux ans, nécessitant un sciage correctif et la pose tardive de couvre-joints. L’économie réalisée au départ a été largement effacée par les coûts de reprise.

La leçon est claire : en extérieur, la beauté de la terrasse repose sur un socle technique solide. Le joint de dilatation, bien conçu et bien intégré, reste un allié discret mais décisif pour la durabilité de l’ouvrage.

Entretien, pathologies courantes et bonnes pratiques autour des joints de dilatation

Un joint de dilatation réussi ne demande pas un entretien lourd, mais il ne doit pas être totalement oublié. Un simple contrôle annuel permet souvent d’éviter des désordres plus sérieux. La démarche ressemble à la vérification régulière d’un tableau électrique ou à la surveillance d’un disjoncteur qui déclencherait trop souvent : on repère les signaux faibles avant la panne.

Contrôles périodiques indispensables

Une fois par an, idéalement au printemps, un tour de la terrasse s’impose. On inspecte chaque joint pour détecter :

  • Les fissures ou le décollement du mastic, signes d’une fatigue mécanique ou d’une compatibilité imparfaite avec le support.
  • Les éclats ou ébréchures des lèvres de béton, souvent liés à des chocs mécaniques répétés ou à une bande compressible trop basse.
  • Les zones de stagnation d’eau au droit des joints, qui favorisent le gel, le développement de mousses et, à terme, l’éclatement superficiel.

Un nettoyage à l’eau claire, complété si besoin par un brossage, suffit généralement. Lorsque l’eau s’infiltre de façon répétée, le gel peut provoquer des micro-éclatements, un peu comme des déclenchements intempestifs dans un circuit électrique révèlent une faiblesse à corriger, phénomène souvent analysé dans des dossiers comme les disjoncteurs qui sautent sans raison apparente.

Pathologies courantes et origines

Les désordres les plus fréquents autour des joints s’expliquent souvent par quelques erreurs simples :

Lorsque la bande compressible est placée trop bas, les lèvres de béton restent fragiles et se cassent sous l’effet des chocs ou du gel. Quand le treillis soudé traverse le joint, il crée un pont rigide qui empêche les panneaux de se déplacer librement, entraînant des fissures ailleurs dans la dalle. Une pente mal maîtrisée amène l’eau à s’accumuler au droit des joints, aggravant l’érosion et les risques d’éclatement hivernal.

Enfin, l’absence de joint périphérique contre la maison peut provoquer des microfissures dans l’enduit de façade ou des désordres au niveau des seuils, qui apparaissent parfois plusieurs années après la construction, au moment où la maison travaille encore légèrement.

Réparations et améliorations possibles

En cas de mastic fissuré ou décollé, la première étape consiste à retirer l’ancien produit, sans abîmer les lèvres. Des outils similaires à ceux utilisés pour enlever des joints de silicone secs dans une salle de bains, comme expliqué sur un guide dédié au retrait du silicone, peuvent être mis à profit. La zone est ensuite dépoussiérée, éventuellement apprêtée avec un primaire recommandé par le fabricant, puis remastiquée.

Pour les éclats de rive, une réparation au mortier de réparation ou à la résine peut être envisagée, à condition de ne pas bloquer à nouveau la zone de joint. Dans les cas plus graves, un sciage contrôlé de la dalle peut recréer un joint de fractionnement ou de dilatation là où il manque, puis être équipé d’un couvre-joint adapté. Cette approche corrective reste plus coûteuse qu’une conception initiale bien pensée, mais elle limite les dégâts structurels.

Prévenir plutôt que guérir

La meilleure façon de garder une terrasse saine consiste à anticiper. Calculer les entraxes de joints en amont, prévoir les désolidarisations nécessaires, choisir des matériaux de joint performants et les poser avec rigueur, c’est se garantir une terrasse stable pour de nombreuses années. Cette stratégie rejoint la philosophie de tout bon projet technique dans l’habitat : mieux vaut dimensionner correctement dès le départ que multiplier les réparations, que ce soit pour une terrasse, un réseau domotique ou un tableau de distribution.

Au bout du compte, le joint de dilatation pour terrasse extérieure reste un dispositif simple, mais stratégique. Il encaisse silencieusement les contraintes du quotidien pour maintenir la terrasse dans sa trajectoire : sûre, confortable et durable.

Quelle distance respecter entre deux joints de dilatation sur une terrasse extérieure ?

Pour une dalle extérieure, un entraxe de 20 à 30 mètres entre deux joints de dilatation est généralement retenu, en cohérence avec les recommandations du DTU 13.3 pour les dallages. Ce repère doit être ajusté selon l’exposition au soleil, la teinte du béton (les couleurs sombres chauffent plus) et la longueur libre de la terrasse. Pour des surfaces inférieures à 40 m², un joint de dilatation n’est pas toujours obligatoire, mais un fractionnement par sciage reste fortement conseillé pour maîtriser le retrait du béton.

Quelle largeur prévoir pour un joint de dilatation de terrasse ?

La plupart des terrasses extérieures fonctionnent correctement avec des joints de 20 à 40 mm de largeur. Cette valeur suffit à absorber les dilatations usuelles, à condition que le joint soit continu sur toute l’épaisseur de la dalle. Aux interfaces avec un bâtiment existant ou en présence de mouvements différentiels plus importants, une largeur jusqu’à 4 cm peut être retenue pour garantir l’indépendance structurelle.

Quel matériau mettre dans le joint de dilatation ?

Les solutions les plus courantes en extérieur combinent une bande compressible en EPDM ou en mousse polyéthylène (PE) à cellules fermées avec un mastic élastomère (PU ou MS) résistant aux UV. La bande absorbe la compression dans l’épaisseur de la dalle, tandis que le mastic assure l’étanchéité superficielle et la finition. Dans les zones roulantes, un couvre-joint métallique vissé peut être ajouté pour protéger les lèvres du béton.

Faut-il faire passer les armatures à travers le joint de dilatation ?

Non. Les armatures ne doivent jamais traverser un joint de dilatation, sinon celui-ci perd sa fonction de désolidarisation. Le treillis soudé est interrompu de part et d’autre du joint afin que chaque panneau de dalle puisse se déplacer librement. Les dispositifs de liaison par goujons glissants ne concernent que des dallages techniques faisant l’objet d’une étude spécifique, et ne s’appliquent pas aux terrasses courantes de maison individuelle.

Quand faut-il poser les joints de dilatation par rapport au coulage du béton ?

Les joints de dilatation et de désolidarisation sont mis en place avant le coulage, sous forme de bandes compressibles fixées et alignées sur le support. Le béton est ensuite coulé autour, ce qui garantit la continuité du joint sur toute l’épaisseur de la dalle. Les joints de retrait par sciage, eux, sont réalisés après la prise initiale du béton, généralement entre 12 et 36 heures, pour guider les fissures de retrait dans des lignes maîtrisées.

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