Une maison trop humide n’est jamais un simple détail de confort. Derrière la buée sur les vitres, les murs qui gondolent ou l’odeur de moisi, se cachent souvent des risques bien réels pour la santé, la structure du bâtiment et même l’installation électrique. Quand l’air est chargé en eau, les matériaux se saturent, les moisissures se développent et l’ensemble de l’habitat se fragilise. Respirer cet air jour et nuit peut aggraver des maladies respiratoires, déclencher des allergies et rendre le logement plus énergivore. Un environnement humide fait aussi travailler le chauffage en continu, attaque les plinthes, les gaines, les plafonds et complique toute rénovation.
Comprendre ces mécanismes permet de passer d’une situation subie à une vraie stratégie de protection de votre habitat. L’enjeu n’est pas seulement d’essuyer une tache sur un mur, mais de traiter la cause, de surveiller le taux d’humidité et d’anticiper l’impact sur l’isolation, l’électricité, la qualité de l’air et la valeur du bien. De la condensation quotidienne dans la salle de bain aux remontées capillaires dans une maison ancienne avec vide sanitaire, chaque scénario demande un diagnostic sérieux et des actions ciblées. L’objectif : un logement sain, sec, conforme aux normes, où chaque circuit, chaque paroi et chaque pièce fonctionnent en synergie pour votre confort et votre sécurité.
En bref :
- L’humidité dans une maison favorise les moisissures, les acariens et une mauvaise qualité de l’air, avec des risques respiratoires réels pour les occupants.
- Des signes comme taches sombres, odeur de moisi, papier peint qui cloque, buée persistante signalent un déséquilibre à traiter sans attendre.
- Les principales origines sont la condensation, les infiltrations, les remontées capillaires et les fuites de canalisation, chacune nécessitant une solution spécifique.
- Un taux d’humidité idéal se situe entre 40 et 60 %, à surveiller avec un hygromètre dans les pièces sensibles (cuisine, salle de bain, chambres).
- L’excès d’humidité peut endommager la structure, les revêtements, les gaines électriques et compliquer la mise en sécurité du logement.
- Une combinaison de ventilation efficace, isolation adaptée, entretien régulier et, si besoin, de travaux d’étanchéité reste la meilleure défense.
Humidité maison danger : impacts sur la santé et la qualité de l’air intérieur
Dans un logement saturé d’humidité, le premier danger ne se voit pas toujours à l’œil nu. Ce sont les voies respiratoires qui encaissent le choc. Un air trop humide favorise les moisissures, les acariens et certaines bactéries. Ces micro-organismes libèrent des particules et des substances irritantes qui se dispersent dans toute la maison. À force d’être inhalées, elles peuvent déclencher des rhinites, des crises d’asthme ou aggraver des pathologies déjà présentes, comme une bronchite chronique ou une BPCO.
Les personnes les plus fragiles – enfants, seniors, asthmatiques, personnes immunodéprimées – sont souvent touchées en premier. Une chambre d’enfant avec un mur légèrement moisi derrière un meuble peut suffire à provoquer toux nocturnes, nez bouché au réveil, conjonctivites à répétition. Dans certaines études, l’exposition prolongée aux moisissures domestiques est associée à une augmentation des consultations pour troubles respiratoires. Quand les symptômes diminuent nettement après un déménagement vers un logement sec, le lien devient évident.
Les moisissures ne sont pas toutes identiques. Certaines, comme les espèces du genre Aspergillus, Cladosporium ou Penicillium, se plaisent dans les coins de salle de bain, les caves, derrière les plinthes ou sur le placo humide. D’autres, plus redoutées par le grand public, comme les moisissures noires, dégagent des composés particulièrement irritants. Dans la vie quotidienne, cela se traduit par des yeux qui piquent, une gorge irritée, des maux de tête persistants après plusieurs heures passées à la maison.
Les acariens, eux, adorent les environnements tièdes et humides. Matelas, tapis, canapés et rideaux deviennent leurs terrains de jeu dès que le taux d’humidité dépasse 60 %. Ce cocktail humidité + poussière + acariens est un déclencheur classique de crises d’allergie. Une simple sieste dans un salon mal ventilé peut se solder par une série d’éternuements, une fatigue inexpliquée et cette impression de “jamais vraiment respirer à fond”.
À ces polluants biologiques s’ajoutent les composés organiques volatils (COV) émis par certains matériaux (peintures, colles, mobiliers). Une humidité excessive peut accélérer leur libération dans l’air. Résultat : odeurs tenaces, irritations des muqueuses et sensation de malaise général, surtout dans les pièces peu aérées. Pour les occupants, la frontière entre simple inconfort et vrai risque sanitaire devient floue.
Les témoignages de familles confrontées à un logement humide convergent : troubles du sommeil, fatigue chronique, infections ORL à répétition, sentiment que “la maison rend malade”. Il n’est pas rare de voir des pathologies s’améliorer après un traitement sérieux de l’humidité ou un changement de logement. À long terme, ignorer ces signaux revient à laisser l’organisme en “surcharge” permanente.
Un autre aspect souvent négligé est l’impact psychologique. Vivre entouré de taches sombres, d’odeurs de moisi et de surfaces dégradées crée un climat anxiogène. Certains occupants décrivent la honte de recevoir des proches, d’autres parlent d’un sentiment d’envahissement. Ce contexte pèse sur le moral et la qualité de vie au quotidien.
Pour garder un air sain, la vigilance doit être permanente. Un hygromètre dans les pièces de nuit, des contrôles visuels réguliers derrière les meubles et un entretien rigoureux des surfaces sensibles permettent d’identifier rapidement les dérives. Dès que l’humidité s’installe, l’objectif est clair : rétablir un équilibre entre ventilation, chauffage et isolation avant que les effets sur la santé ne se cumulent. La maison doit rester un espace de récupération, pas un lieu qui épuise l’organisme.

Causes principales de l’humidité dans la maison et risques pour la structure
Comprendre d’où vient l’humidité est la première étape d’une remise en état efficace. Tous les excès d’eau ne se ressemblent pas, et chaque cause abîme la maison à sa manière. Une condensation quotidienne dans la salle de bain ne se traite pas comme des remontées capillaires qui attaquent un mur porteur. Sans ce diagnostic, on risque de multiplier les travaux cosmétiques sans jamais sécuriser réellement l’habitat.
La source la plus fréquente est la condensation. Elle apparaît lorsque l’air intérieur, chargé de vapeur d’eau (douches, cuisson, respiration, séchage de linge), rencontre une surface froide : vitre simple vitrage, mur mal isolé, angle de pièce exposé au nord. La vapeur se transforme alors en fines gouttelettes, d’où ces vitres qui “pleurent” au réveil. À la longue, ces zones humides se couvrent de moisissures, puis le placo se tâche, le papier peint se décolle.
Viennent ensuite les infiltrations. Une tuile fissurée, une gouttière bouchée, un joint de fenêtre fatigué, une façade microfissurée, et la pluie trouve son chemin vers l’intérieur. L’eau ruisselle derrière un parement, s’accumule dans un angle, imbibe un plafond de cuisine. Dans un salon équipé d’un poêle à bois, par exemple, une infiltration mal gérée derrière un habillage de parement peut provoquer des auréoles et affaiblir l’ancrage des fixations. Les règles de distance de sécurité autour d’un poêle – détaillées sur des ressources comme les normes de distance poêle / mur – prennent alors tout leur sens : un mur humide chauffe mal, se déforme et devient potentiellement dangereux.
Les remontées capillaires concernent surtout les maisons anciennes sans barrière étanche entre le sol et les murs. L’eau présente dans le sol remonte progressivement dans la maçonnerie, comme dans une éponge. Les premiers signes sont des taches à la base des murs, des plinthes qui gondolent, du salpêtre. Dans les constructions avec vide sanitaire mal ventilé, le problème est accentué : l’humidité stagnante sous la maison crée un microclimat qui attaque les planchers et peut même atteindre les gaines électriques posées dans la dalle. Les inconvénients d’un vide sanitaire mal géré sont souvent découverts trop tard, au moment où les revêtements se dégradent en surface.
Les fuites de canalisation constituent une autre source insidieuse. Un suintement derrière un placo, une évacuation légèrement fissurée dans une salle de bain, une nourrice encastrée qui goutte lentement : l’eau s’infiltre dans l’isolant, imbibe les rails métalliques et finit par apparaître sous forme de taches lointaines par rapport à la fuite d’origine. Dans ce type de configuration, les plaques de plâtre peuvent se charger d’eau et développer des moisissures en profondeur. Traiter un placo moisi nécessite alors d’ouvrir, assécher, remplacer, mais aussi de protéger les câbles et boîtes d’encastrement noyés dans la paroi.
Les matériaux eux-mêmes jouent un rôle. Un enduit ciment très étanche sur un mur ancien peut piéger l’humidité à l’intérieur de la maçonnerie. Au contraire, un enduit à la chaux laisse mieux respirer le support. Une peinture “plastique” trop fermée sur un mur légèrement humide amplifie la condensation de surface et accélère l’apparition de moisissures. À l’échelle d’une maison, un mauvais choix de revêtement peut transformer un problème localisé en désordre généralisé.
Structurellement, l’eau est l’ennemie de la durabilité. Un plancher bois exposé à une humidité constante finit par gonfler, se déformer, puis perdre en résistance mécanique. Des solives humides deviennent un terrain fertile pour champignons lignivores et insectes xylophages. Dans les combles, une laine minérale saturée d’eau perd une grande partie de son pouvoir isolant et peut venir en contact avec des câbles électriques, créant un environnement défavorable au bon refroidissement des conducteurs.
Les circuits électriques ne sont pas épargnés. Goulottes, boîtes de dérivation, prises en pied de mur : dès que l’humidité s’installe, le risque de corrosion des connexions, de faux contacts ou de déclenchements intempestifs des disjoncteurs augmente. Lorsqu’on prévoit de fixer des gaines dans une dalle, la maîtrise de l’humidité du support est une condition essentielle. Un béton trop humide, un vide sanitaire mal ventilé au-dessous, et la durée de vie de l’installation peut se raccourcir.
À chaque cause correspond donc une “signature” dans la maison. L’enjeu est de la repérer tôt : taches en bas de mur plutôt qu’en haut, auréoles sous toiture, condensation sur les vitres plutôt que sur les murs, bruits de goutte-à-goutte dans une cloison, etc. Plus le diagnostic est fin, plus les travaux peuvent être ciblés et efficaces, sans multiplier les interventions inutiles. Une maison saine commence par une structure protégée contre l’eau, à tous les niveaux.
Mesurer le taux d’humidité et reconnaître les signes d’alerte dans chaque pièce
Dès qu’un doute apparaît, la première arme à dégainer est l’hygromètre. Cet appareil mesure l’hygrométrie relative de l’air, exprimée en pourcentage. En pratique, cela permet de savoir si l’ambiance intérieure est trop sèche, équilibrée ou franchement humide. Installer un hygromètre dans la pièce de vie, la salle de bain et la chambre principale donne une photographie fidèle du climat intérieur.
Pour y voir clair, un repère simple permet déjà de se situer :
| Taux d’humidité | État de l’air intérieur | Conséquences possibles |
|---|---|---|
| < 40 % | Air trop sec | Irritations respiratoires, peau sèche, poussière en suspension |
| 40 – 60 % | Zone idéale | Confort optimal, développement limité des acariens et moisissures |
| 60 – 70 % | Air humide | Condensation ponctuelle, début de moisissures, odeurs légères |
| > 70 % | Air très humide | Moisissures massives, salpêtre, risques allergiques élevés |
Au-delà des chiffres, des signaux concrets guident le diagnostic pièce par pièce. Dans le salon, la présence de buée persistante sur les vitrages, de taches sombres dans les angles ou d’un parquet qui gondole indique un excès d’eau dans l’air ou dans le support. Des plinthes qui se décollent, parfois couvertes d’un léger voile blanc ou de petites taches, méritent un examen attentif. Les entretenir régulièrement, comme expliqué dans des guides pratiques pour nettoyer correctement les plinthes, permet aussi de repérer plus tôt les zones suspectes.
La cuisine et la salle de bain sont les zones “critiques”. Une hotte qui n’évacue plus correctement, une VMC encrassée, des joints de douche fatigués créent un environnement saturé de vapeur. Buée systématique après chaque douche, plafond qui jaunit, peinture qui cloque au-dessus du bac : autant de signaux qu’il faut prendre au sérieux. Dans ces pièces, les moisissures naissent souvent dans les coins et finissent par s’étendre derrière les faux plafonds et autour des gaines.
Les chambres, surtout celles des enfants, méritent une surveillance encore plus attentive. Un linge qui met une éternité à sécher, une odeur de renfermé au réveil, des traces verdâtres sur le mur derrière la tête de lit : l’air n’est clairement pas équilibré. Dans ce contexte, les allergies respiratoires trouvent un terrain favorable. Placards et dressings collés sur des murs extérieurs froids sont particulièrement exposés.
Dans les circulations (couloirs, cage d’escalier), les signes sont plus discrets. On peut entendre des bruits de grattement dans les murs la nuit, qui traduisent parfois la présence de rongeurs attirés par des zones humides et isolantes dégradées. Leur installation dans ces endroits peut endommager des câbles, percer des gaines et aggraver le désordre global.
Certains indices sont purement olfactifs. Une odeur désagréable dans la maison, difficile à localiser, peut venir d’une zone humide cachée : doublage de mur, sous-sol, local technique, coffre de volet roulant. Dans ces espaces confinés, l’air ne se renouvelle pas et les matériaux humides libèrent des composés qui finissent par se diffuser ailleurs, même si la tache d’origine reste invisible.
Les nuisibles peuvent aussi être des “indicateurs”. Une invasion récurrente de fourmis dans un appartement signale parfois des remontées d’humidité dans les dalles ou les plinthes, ces insectes recherchant des chemins protégés et légèrement humides. De même, bois gonflé, cloques sur le placo et petits amas de poussière peuvent trahir la présence de champignons ou d’insectes de bois attirés par un support humide.
Pour ne pas se laisser surprendre, une routine simple peut être mise en place : lecture hebdomadaire des hygromètres, inspection visuelle mensuelle des zones sensibles (derrière les meubles, sous les fenêtres, autour des passages de gaines), tests d’aération réguliers. Cette approche “tableau de bord” permet de repérer les dérives avant qu’elles ne se transforment en chantier lourd. Une maison sous contrôle se reconnaît à des valeurs stables et à l’absence d’odeurs suspectes.
Humidité, isolation, électricité : protéger durablement la maison et ses installations
Une fois les causes identifiées, la priorité est de protéger l’enveloppe du bâtiment et les réseaux qui la traversent. L’humidité ne détériore pas seulement les revêtements visibles, elle s’infiltre dans les couches isolantes, les cloisons, les gaines et finit par atteindre l’installation électrique. La mission consiste à remettre chaque “couche” de la maison dans des conditions normales d’exploitation, pour que tout travaille dans sa plage de sécurité.
Côté isolation, le choix des matériaux a un rôle déterminant. Dans un mur ancien en pierre, par exemple, un enduit à base de ciment très fermé va bloquer l’évaporation naturelle de l’humidité. Le mur reste humide en profondeur et les dommages apparaissent tôt ou tard à l’intérieur : salpêtre, taches, cloques. En privilégiant des enduits et peintures microporeux, on laisse la paroi respirer tout en limitant les échanges d’air incontrôlés. Le but est de laisser passer la vapeur d’eau, mais pas les courants d’air.
Les cloisons en plaques de plâtre sont particulièrement vulnérables. Une fuite légère de canalisation ou une infiltration lente dans un angle de mur peut transformer discrètement une plaque saine en nid à champignons. Lorsqu’un mur en placo est atteint, il ne suffit pas de repeindre. Il faut découper, déposer les parties détériorées, traiter, puis reconstituer la paroi. Les méthodes de traitement d’un placo moisi insistent sur ce principe : éliminer le matériau contaminé, assécher la structure et vérifier les réseaux électriques présents dans la cloison avant de refermer.
Les circuits électriques, eux, doivent rester à l’abri de toute condensation persistante. Une gaine noyée dans une dalle ou dans un mur humide voit parfois son intérieur se charger en eau par capillarité ou par condensation. D’où l’importance de respecter les bonnes pratiques lorsqu’on décide de fixer des gaines dans une dalle : enrobage correct, positionnement hors zones d’eau stagnante, gestion du vide sanitaire sous-jacent. Une dalle humide associée à un vide sanitaire mal ventilé cumule les risques : corrosion, difficulté de séchage, tension permanente sur les matériaux isolants des câbles.
La ventilation, qu’elle soit naturelle ou mécanique, reste le “moteur” du séchage. Une VMC simple flux bien dimensionnée, avec entrées d’air dans les pièces principales et extractions dans cuisine, salle de bain et WC, permet de maintenir une humidité maîtrisée sans y penser au quotidien. Dans les logements très étanches, la moindre défaillance de ce système se traduit rapidement par une hausse de l’hygrométrie et l’apparition de signes visibles. L’entretien régulier (nettoyage des bouches, contrôle du groupe) doit être considéré comme un réflexe de sécurité, au même titre que le test de déclenchement des disjoncteurs différentiels.
Le chauffage participe lui aussi à la lutte. Une température légèrement trop basse, ponctuée de variations importantes (on coupe le chauffage le jour, on le remet fort le soir), favorise les points de rosée sur les murs froids. Une température plus constante, autour de 19 à 21 °C, avec un bon équilibre entre isolation et ventilation, limite ces chocs thermiques. Dans une maison équipée d’un poêle à bois, par exemple, la répartition de la chaleur doit être pensée pour ne pas laisser des chambres glaciales à l’arrière de la maison, où la condensation prospère.
Les revêtements intérieurs méritent une sélection minutieuse. Un carrelage posé correctement dans une pièce de vie ou une salle d’eau facilite l’entretien et résiste mieux à une humidité ponctuelle. Les parquets stratifiés bon marché gonflent dès que le support est légèrement humide, ouvrant des jours dans lesquels la poussière et l’eau s’infiltrent. Au mur, un parement autour d’un poêle, comme ceux présentés dans les inspirations de parement pour poêle à bois, doit toujours être posé sur un support sain et sec, sous peine de se décoller ou de fissurer.
Pour piloter efficacement cette bataille contre l’humidité, une approche par étapes est utile. Voici un exemple de séquence d’action :
- Étape 1 : Mesurer l’humidité ambiante dans plusieurs pièces pendant au moins deux semaines.
- Étape 2 : Inspecter visuellement les murs, plafonds, sols, plinthes, entourages de fenêtres et zones techniques.
- Étape 3 : Identifier la ou les causes (condensation, infiltration, remontées, fuite) sur la base des signes observés.
- Étape 4 : Corriger les causes directes : réparer, étanchéifier, ventiler, drainer, ajuster le chauffage.
- Étape 5 : Protéger les installations électriques et les matériaux sensibles, remplacer ce qui a été durablement mouillé.
- Étape 6 : Suivre l’évolution avec hygromètres et contrôles visuels réguliers, sur au moins une saison complète.
En traitant l’humidité comme un véritable “paramètre de sécurité” de la maison, au même titre que la conformité électrique ou la solidité de la charpente, on réduit drastiquement les mauvaises surprises. Une enveloppe bien isolée, ventilée et sèche protège les circuits, les habitants et la valeur du bien, année après année.
Solutions pratiques pour limiter l’humidité et sécuriser votre habitat au quotidien
Une fois l’origine de l’humidité identifiée et les gros travaux engagés si nécessaire, le quotidien devient le terrain de jeu principal pour garder la maison sous contrôle. De nombreux excès viennent tout simplement des usages : sécher le linge dans le salon, cuisiner sans hotte, fermer systématiquement les grilles d’aération, couper la VMC pour “économiser”. Chacun de ces réflexes, pris isolément, semble anodin. Réunis, ils transforment le logement en serre humide.
La première ligne de défense est la aération. Ouvrir les fenêtres 5 à 10 minutes le matin et le soir, même en hiver, permet de renouveler l’air intérieur sans refroidir durablement les murs. Dans une salle de bain sans fenêtre, l’installation d’un extracteur d’air temporisé fait une vraie différence : la vapeur est expulsée directement au lieu de se répandre dans le couloir et les chambres.
La gestion de la vapeur produite au quotidien est tout aussi cruciale. En cuisine, utiliser la hotte en mode évacuation pendant et après la cuisson, couvrir les casseroles, éviter de faire bouillir de grandes quantités d’eau sans extraction limitent considérablement la charge d’humidité. Dans la salle de bain, garder la porte fermée pendant la douche, puis bien ventiler ensuite, réduit les transferts de vapeur vers les zones de nuit.
Le linge constitue souvent un “gros émetteur” ignoré. Faire sécher des draps dans un séjour déjà peu ventilé revient à libérer des litres d’eau dans l’air. Si l’extérieur ne permet pas le séchage (climat ou absence de balcon), un déshumidificateur électrique placé dans une pièce dédiée, porte fermée, peut absorber cette surcharge sans impacter le reste du logement. Les absorbeurs chimiques ou solutions naturelles (gros sel, charbon de bois) peuvent dépanner, mais ils restent des solutions d’appoint.
Le chauffage doit être considéré comme un outil de régulation, pas seulement de confort. Une température homogène dans l’ensemble du volume, sans fortes baisses dans les pièces peu utilisées, évite la création de “poches froides” où la condensation s’installe. Dans les petits logements, une bonne répartition des émetteurs (radiateurs bien dimensionnés, poêle correctement positionné) est essentielle pour ne pas surchauffer une zone tout en laissant d’autres dans le froid.
L’entretien régulier joue également un rôle stratégique. Nettoyer les bouches de VMC, vérifier les évacuations, contrôler l’état des joints de salle de bain, inspecter les piètements de meubles au contact des murs extérieurs sont des gestes simples qui préviennent de gros dégâts. Des guides pratiques sur les finitions intérieures, comme celui consacré aux astuces pour nettoyer les plinthes, rappellent au passage qu’un élément propre se surveille plus facilement : la moindre tache ou déformation ressort immédiatement.
Dans certains cas, l’amélioration de l’isolation est la clé. Un mur froid qui condense malgré une bonne ventilation nécessite peut-être un doublage isolant mieux conçu. L’ajout de double vitrage sur des fenêtres anciennes limite la formation de buée, réduit la sensation de paroi froide et améliore le confort thermique. À chaque projet de rénovation, la question de l’humidité doit être posée aux côtés de celles de l’énergie, de l’acoustique et de la sécurité électrique.
Pour les logements anciens ou les maisons avec vide sanitaire, la gestion de l’air sous la construction est déterminante. Des grilles de ventilation bouchées, un sol brut humide, des conduits d’évacuation sous-dimensionnés favorisent les remontées et la condensation en sous-face de dalle. Une réflexion globale, intégrant isolation, ventilation et traitement de l’eau à proximité du bâti, permet de corriger durablement ces déséquilibres.
Enfin, savoir où s’arrête le bricolage autonome et où commence la mission d’un professionnel est un élément de sécurité. Dès que l’humidité touche des murs porteurs, qu’elle est liée à des remontées capillaires, à des infiltrations structurelles ou qu’elle impacte des réseaux d’électricité ou de chauffage, une expertise qualifiée s’impose. L’enjeu n’est pas seulement de sécher un mur, mais de garantir que toute intervention respecte les normes, protège les circuits et stabilise la structure.
En combinant ces gestes quotidiens avec des interventions ciblées et une surveillance régulière, la maison reste dans sa zone de confort. L’humidité cesse d’être une menace diffuse pour devenir un paramètre mesuré, maîtrisé, piloté au même titre que la température ou la consommation électrique.
Comment savoir si l’humidité de ma maison est vraiment dangereuse pour la santé ?
Des signes comme des moisissures visibles, une odeur de moisi persistante, des taux d’humidité supérieurs à 60 % sur la durée et des symptômes respiratoires récurrents (toux, nez bouché, crises d’asthme plus fréquentes) indiquent un risque réel. Un hygromètre et un examen visuel pièce par pièce permettent d’objectiver la situation. En cas de doute, surtout si des enfants ou des personnes fragiles vivent dans le logement, un diagnostic par un professionnel est vivement recommandé.
Quel est le taux d’humidité idéal dans un logement pour protéger la santé et les matériaux ?
Le taux d’humidité relative idéal se situe entre 40 et 60 %. En dessous, l’air devient trop sec et peut irriter les voies respiratoires. Au-dessus, l’excès d’eau dans l’air favorise les moisissures, les acariens et la dégradation des matériaux (peintures, plâtres, bois). Installer un hygromètre dans les pièces principales permet de vérifier si votre logement reste dans cette zone de confort.
Une odeur de moisi sans tache visible est-elle préoccupante ?
Oui, une odeur de moisi persistante, même sans tache apparente, indique souvent une zone humide cachée : derrière un doublage, dans un placard, sous un revêtement de sol ou dans un local technique. La source peut être une fuite lente, une condensation dans une cloison ou un vide sanitaire humide. Il est important d’identifier l’origine, car des moisissures peuvent se développer hors de vue tout en libérant des particules dans l’air intérieur.
Peut-on simplement repeindre un mur moisi pour régler le problème d’humidité ?
Repeindre par-dessus un mur moisi ne règle jamais le problème, cela le masque temporairement. Il faut d’abord traiter la cause de l’humidité (condensation, infiltration, fuite), éliminer les moisissures en profondeur, laisser sécher le support puis appliquer, si nécessaire, une peinture adaptée et respirante. Si le support est en placo très atteint, il est souvent préférable de déposer les parties détériorées avant toute remise en peinture.
Quand faut-il faire appel à un professionnel pour un problème d’humidité ?
Dès que l’humidité touche des murs porteurs, qu’elle provoque des dégradations importantes (plafonds tachés, sols gondolés), qu’elle semble liée à des remontées capillaires, à des infiltrations structurelles ou à des fuites invisibles, l’intervention d’un professionnel devient indispensable. C’est aussi le cas lorsque l’humidité impacte des circuits électriques ou se traduit par des problèmes de santé récurrents chez les occupants. Un diagnostic sérieux permet de cibler les travaux et d’éviter des dépenses inutiles.



