Un mur de parement réussi, c’est un peu comme un tableau électrique bien conçu : tout se joue dans l’invisible. La beauté saute aux yeux, mais la sécurité et la durabilité dépendent de ce que l’on ne voit pas, ici la colle. Entre un parement qui tient dix mois et un revêtement qui reste parfaitement en place dix ans, la différence se joue sur le choix du mortier, la préparation du support et le respect de quelques règles de pose aussi précises qu’un schéma électrique. En 2026, l’offre de colles et mortiers-colles s’est nettement enrichie, avec des produits spécialisés pour la chaleur, l’humidité, les supports délicats et les pierres naturelles sensibles. Face à cette profusion, il devient indispensable de raisonner comme sur un chantier électrique : identifier le contexte, analyser les contraintes, puis choisir la solution la plus sûre, et pas simplement la moins chère ou la plus rapide.
Dans un salon derrière un poêle à bois, sur une façade battue par la pluie ou dans une cage d’escalier légèrement humide, les contraintes ne sont pas les mêmes. Un parement mal collé peut fissurer, se décoller par plaques voire chuter, avec des risques réels pour les occupants, au même titre qu’un câble sous-dimensionné qui finit par chauffer. C’est pourquoi le choix de la colle doit être pensé en même temps que la ventilation de la pièce, le traitement de l’humidité et, si besoin, la protection des réseaux électriques en place. L’objectif est double : un parement esthétique, qui valorise la pièce, et un parement durable, capable d’encaisser les variations de température, les petits chocs du quotidien et les mouvements naturels du bâtiment. Direction un habitat qui reste beau, solide et sûr, sans mauvaises surprises quelques saisons plus tard.
En bref :
- Chaque parement a sa colle : pierre naturelle, pierre reconstituée, plaquette décorative légère ou parement près d’un poêle nécessitent des mortiers-colles différents.
- Le support est aussi important que la colle : mur propre, sec, sain et adapté (béton, brique, plaque de plâtre renforcée) conditionne 80 % de la tenue dans le temps.
- La chaleur et l’humidité changent la donne : près d’un foyer ou dans une pièce humide, il faut viser des colles haute performance ou époxy, comme on surdimensionne un circuit sensible.
- La méthode de pose fait la différence : dosage, temps de prise, jointoiement et entretien régulier assurent la longévité du parement autant que le produit choisi.
Choisir la colle idéale pour parement : comprendre les familles de produits en 2026
Avant de parler marques ou références, il est utile de classer les principales familles de colles pour parement, comme on distingue les disjoncteurs, différentiels et parafoudres dans un tableau électrique. Chacune a son rôle et ses limites. Pour un revêtement mural, l’enjeu n’est pas seulement de coller, mais de rester performant pendant des années malgré les variations de température et d’humidité. Un parement derrière un poêle, par exemple, subit des cycles chauds/froids proches de ceux d’un radiateur électrique mal ventilé.
La base, en habitat résidentiel, reste le mortier-colle ciment dit “flex” ou “haute performance”. Formulé à partir de ciment, de charges minérales et d’adjuvants, il offre une adhérence élevée, une bonne flexibilité et une résistance appréciable aux intempéries. C’est le couteau suisse pour les plaquettes de parement standards, qu’elles soient en pierre reconstituée ou en brique décorative. Pour un mur intérieur hors zone chaude, ce type de colle couvre la majorité des besoins, à condition de sélectionner une classe adaptée à l’usage (intérieur/extérieur, mur/sol, etc.).
Viennent ensuite les mortiers-colles haute température. Ces formulations renforcées acceptent des montées en température nettement supérieures, parfois jusqu’à plusieurs centaines de degrés. Elles sont conçues pour les habillages de cheminées, les retours de poêle à bois, ou les zones proches d’un insert. Un parement posé trop près d’un conduit de fumée ne doit jamais être collé avec un simple produit “universel”, au risque de voir la liaison colle/support fatiguer, se fissurer, puis lâcher brutalement.
Pour les environnements les plus agressifs, l’option colle époxy entre en scène. Elle associe une résine et un durcisseur pour former, après mélange, un film très dense, résistant à la fois à la chaleur et à l’humidité. Cette technologie est l’équivalent, pour le collage, de ce qu’est un câble armé pour une ligne électrique enterrée : surdimensionnée, mais indispensable quand on veut dormir tranquille dans les milieux difficiles (murs de douche, zones soumises aux embruns, pièces semi-extérieures abritant un poêle).
Enfin, pour les plaquettes ultra légères purement décoratives en intérieur, certains fabricants proposent des colles acryliques prêtes à l’emploi ou des bandes adhésives double-face renforcées. Ces produits rendent la pose accessible aux bricoleurs débutants, mais ils ne doivent pas être utilisés près de sources de chaleur ou sur des murs douteux. L’analogie électrique est simple : ce sont les multiprises pour charges légères, pas des alimentations pour plaque de cuisson.
En 2026, la plupart des fiches techniques indiquent clairement les usages autorisés : températures supportées, types de pierres compatibles, supports admis (brique, béton, plaque de plâtre, etc.). Les consulter, c’est comme vérifier un schéma de câblage avant de raccorder un nouveau circuit : un passage obligé pour un parement qui restera en place sans surchauffe… ni décrochage.

Colle flex, époxy ou acrylique : comment trancher selon votre projet de parement
Le choix se fait en croisant trois paramètres : le type de parement, l’environnement (chaleur, humidité, extérieur) et la nature du support. Une pierre naturelle lourde réclame un mortier puissant et légèrement déformable, alors qu’un parement imitation brique en plâtre se satisfait d’un produit plus léger. Un mur extérieur exposé nord-ouest, arrosé de pluie et balayé par le vent, exige une formule différente de celle d’un mur de couloir sec et chauffé modérément.
Le réflexe consistant à tout coller avec une “colle universelle” est à bannir. Comme on ne protège pas toute une installation avec un seul disjoncteur général, on ne répond pas à tous les cas de figure avec un seul mortier. Les fabricants spécialisés – Sika, Mapei, Bostik, Weber, entre autres – ont développé des gammes dédiées aux pierres naturelles, aux parements légers, aux zones chauffées ou très humides. S’appuyer sur ces classifications, c’est sécuriser sa “mission parement” dès le départ.
Pour les projets situés à proximité d’un poêle ou d’une cheminée, un focus spécifique est recommandé, que l’on retrouve dans des dossiers complets comme ce guide sur le parement autour d’un poêle à bois, où se croisent impératifs esthétiques, risques thermiques et contraintes de matériaux. En cas de doute, mieux vaut viser un produit légèrement surdimensionné plutôt que l’inverse : un mur qu’on recolle est toujours plus coûteux qu’une colle de gamme supérieure choisie dès le départ.
Pierre naturelle, reconstituée ou plaquettes décoratives : adapter la colle à la nature du parement
Chaque matériau de parement a son tempérament, un peu comme chaque type de câble a sa fonction dans une installation. La pierre naturelle (granit, marbre, ardoise) est dense, lourde, parfois sensible à certains additifs de colle. La pierre reconstituée, plus légère, tolère davantage de produits mais peut être plus fragile en surface. Les plaquettes décoratives fines, en plâtre, béton allégé ou matériaux composites, exigent surtout une colle compatible avec leur faible épaisseur et avec le support.
Dans la pratique, pour un mur de salon habillé de pierre naturelle derrière un canapé, l’enjeu principal est la résistance mécanique dans le temps. La colle doit supporter le poids des pierres, les petites vibrations de la maison et les légères variations hygrométriques saisonnières. Une colle flex de qualité professionnelle, appliquée sur un support bien préparé, offrira une tenue remarquable pendant des années, à condition de respecter l’épaisseur et les temps de séchage indiqués.
Derrière un poêle à bois ou un insert, une nuance supplémentaire apparaît : la pierre va monter en température, se dilater davantage, puis se rétracter à l’arrêt du foyer. Si le mortier est trop rigide ou mal choisi, ces cycles thermiques créent des tensions internes comparables à celles d’un câble mal dimensionné. Les fissures n’apparaissent pas forcément tout de suite, mais elles finissent par fragiliser la liaison pierre/support, jusqu’au décollement partiel ou total.
À l’autre extrémité, dans une cage d’escalier ou un couloir, des plaquettes de parement décoratives en plâtre ou en béton léger peuvent être collées avec des produits moins techniques, tant que l’exposition à la chaleur et à l’humidité reste modérée. L’important ici est la régularité de l’encollage et le respect d’une pose sans “manques” de colle, car une plaque mal soutenue réagira comme un appareil mal fixé sur un rail DIN : elle vibrera et risquera de se décrocher.
Pour visualiser les compatibilités, un tableau comparatif aide à tracer la bonne trajectoire :
| Type de parement | Poids moyen | Colle recommandée | Zone d’usage conseillée |
|---|---|---|---|
| Pierre naturelle épaisse (granit, marbre, ardoise) | Lourde | Mortier-colle flex haute performance ou époxy | Murs porteurs, zones éventuellement chaudes ou extérieures |
| Pierre reconstituée | Moyenne | Mortier-colle flex standard ou spécifique pierre reconstituée | Intérieur/extérieur hors proximité directe de fortes chaleurs |
| Plaquettes décoratives béton/plâtre | Légère | Mortier-colle mural ou colle acrylique dédiée | Intérieur sec, circulation domestique |
| Parement mince autour de poêle ou cheminée | Variable | Mortier-colle haute température ou époxy adaptée | Zone chaude, conformité sécurité à vérifier |
Un point est souvent sous-estimé : l’état des éléments environnants. Un parement posé au-dessus d’un meuble ancien non protégé ou d’un plan de travail en bois mérite un repérage préalable. Dans certains cas, il est judicieux de protéger ou restaurer le bois avant de démarrer le chantier, afin d’éviter que poussières, chocs ou coulures de mortier ne dégradent l’existant. Un projet de parement se pense donc comme un mini chantier de rénovation global, pas uniquement comme une opération décorative isolée.
Adapter la pose et la colle aux contraintes thermiques et mécaniques
Une fois le duo parement/colle identifié, la méthode de pose devient centrale. Les fabricants recommandent souvent un double encollage pour les pierres lourdes : une couche de mortier sur le mur, une autre au dos de la pierre, afin de maximiser la surface de contact et d’éviter les vides. Ce principe rappelle la façon dont on répartit les prises sur un circuit pour éviter tout point de surchauffe : plus la répartition est homogène, plus l’ensemble reste stable.
Sur les projets soumis à la chaleur, la régularité d’épaisseur de colle est déterminante. Un “dosage à l’œil” conduit à des zones plus épaisses qui réagiront différemment à la dilatation. Certaines se rigidifieront plus vite, d’autres resteront souples, créant des micro-tensions à la manière d’un câble pincé dans une saignée trop étroite. Un contrôle à la règle et au niveau, pierre après pierre, peut sembler fastidieux, mais il garantit une façade plane, solide et sans surprise.
Le jointoiement final, souvent perçu comme purement esthétique, joue aussi un rôle structurel. Un joint bien réalisé solidarise les éléments et répartit les efforts, un peu comme un rail assure la tenue de plusieurs modules dans un tableau. Omettre cette étape, ou la bâcler, revient à priver la paroi de son maillage de renfort invisible. Sur un mur extérieur, le joint protège également la colle des infiltrations d’eau, limitant les risques de décollement par cycles gel/dégel.
Dernier repère : chaque type de matériau réagit avec un temps de prise spécifique. Respecter le temps de séchage avant sollicitation (mise en chauffe d’un poêle, par exemple) est non négociable. Activer un foyer trop tôt, c’est imposer d’emblée une surcharge thermique à une colle qui n’a pas encore atteint sa résistance finale, comme mettre un circuit sous tension avant la fin des tests d’isolement. Une journée de patience économise des heures de reprise de maçonnerie.
Préparation du support et pose de la colle : la méthode qui fait tenir le parement dans le temps
Un support de qualité, c’est le socle d’un parement durable, comme une bonne mise à la terre pour une installation électrique. Même le meilleur mortier-colle ne rattrapera pas un mur friable, gras, humide ou mal plan. Avant d’ouvrir le sac de mortier, le chantier se joue au niveau du diagnostic : le mur est-il porteur ou en plaque de plâtre ? Présente-t-il des fissures structurelles ? L’humidité est-elle maîtrisée ou récurrente ? Ces questions conditionnent la suite.
Sur un mur ancien, il est fréquent de trouver plusieurs couches de peinture, d’anciens revêtements ou des enduits mal cohésifs. Comme pour une ligne électrique vieillissante, le bon réflexe est souvent la dépose partielle, suivie d’une remise en état avec un produit adapté. Un enduit technique moderne, comme un MAP amélioré, permet de rattraper un support, de reboucher et de lisser tout en préparant l’accroche de la colle. Des ressources dédiées, telle que ce focus sur l’enduit MAP et ses avantages en 2026, montrent à quel point cette phase de reprise du support est stratégique.
Une fois le mur stabilisé, sec et nettoyé, la préparation de la colle suit un protocole précis. Les mortiers en poudre exigent un dosage eau/produit respecté au litre près. Mélangés au malaxeur, ils doivent atteindre une texture homogène, ni trop liquide ni trop ferme. Les professionnels parlent souvent d’une consistance “crème épaisse”, qui tient sur la truelle tout en se laissant peigner facilement. Une pause de quelques minutes après mélange (temps de maturation) permet aux adjuvants de s’hydrater complètement.
L’application se fait généralement à la truelle dentée, sur des surfaces de un à deux mètres carrés pour éviter tout début de prise avant la pose des éléments. Sur les parements lourds, un double encollage est recommandé : on “beurre” également le dos de chaque pièce pour assurer un contact maximal. La mise en place se contrôle au niveau, avec de légers tapotements au maillet en caoutchouc, de manière à chasser l’air sans déplacer exagérément la pierre.
Dans les zones techniques, le parement vient parfois en complément d’interventions électriques. Une rénovation de circuit derrière un mur destiné à recevoir un habillage nécessite de repenser la trajectoire des gaines, voire de refaire une ligne électrique sans tout casser. L’idéal consiste à anticiper ces travaux en amont : d’abord sécuriser et moderniser le réseau, ensuite seulement travailler le décor. Poser un parement sur un mur où les saignées ou les boîtes de dérivation ne sont pas finalisées, c’est se condamner à de futurs découpes et réparations délicates.
Étapes clés pour appliquer une colle résistante et homogène
Pour garder le cap vers un mur solide, une séquence d’actions simples mais rigoureuses s’impose. Une check-list aide à ne rien oublier :
- Diagnostiquer le support : vérifier la planéité, repérer les fissures, mesurer l’humidité résiduelle.
- Préparer le mur : nettoyage mécanique (brosse, aspiration), dépoussiérage, éventuelle sous-couche d’accroche.
- Régler la colle : respecter les doses, mélanger soigneusement, laisser reposer si indiqué.
- Appliquer méthodiquement : peigne adapté, surface limitée, double encollage si le poids des éléments l’exige.
- Contrôler en continu : niveau, alignement, jeu pour les joints, corrections immédiates tant que la colle reste fraîche.
- Jointoyer après séchage : respecter le temps de prise avant remplissage des joints et nettoyage des bavures.
Cette démarche peut paraître minutieuse, mais elle évite l’effet “mur puzzle” qui se fissure morceau par morceau au fil des saisons. On sécurise ainsi chaque “circuit” de la façade, exactement comme on verrouille un tableau électrique étape par étape avant remise sous tension.
Parement, chaleur et sécurité : choisir une colle adaptée autour d’un poêle ou d’une cheminée
Les murs à proximité d’un poêle à bois ou d’un insert cumulent les contraintes : fortes températures, gradients thermiques rapides, parfois proximité de conduits métalliques. Dans ce contexte, un parement n’est pas qu’un simple décor. Il devient un élément de sécurité passive, capable de résister à la chaleur sans se fissurer ni se détacher. Le choix de la colle, du support et du parement forme un triptyque indissociable, un peu comme conducteur, protection et section de câble sur une ligne puissante.
La première vigilance concerne la compatibilité entre le parement et le système de chauffage. Certains fabricants de poêles précisent les distances minimales et les types de matériaux recommandés autour de l’appareil. Un parement lourd directement collé sur une cloison légère non prévue pour ce type de charge peut poser autant de problème qu’un radiateur électrique trop puissant câblé sur un circuit sous-dimensionné.
Pour la colle, les mortiers “haute température” ou les époxys adaptés sont les alliés prioritaires. Ils résistent aux montées rapides en degrés sans perdre leur cohésion ni devenir cassants. La zone la plus sollicitée est souvent l’angle situé derrière l’appareil, là où l’air circule moins et où la chaleur peut se concentrer. Un collage insuffisant à cet endroit risque de créer un point faible qui, à terme, se traduit par une cloque ou un décollement.
Une autre dimension, souvent oubliée, est la ventilation et la gestion des conduits. Autour d’un tubage ou d’un conduit apparent, un coffrage en plaque de plâtre technique, correctement dimensionné et ventilé, permet de protéger le parement et la structure. Sur ce type de configuration, de nombreux particuliers s’appuient sur des ressources orientées “chantier global”, comme les guides de coffrage de conduit de poêle en plaque de plâtre, afin de coordonner parement, isolant, conduit et finitions. La colle vient alors par-dessus un ensemble correctement préparé, sans contact direct avec les points les plus chauds.
Le temps de séchage avant la première mise en température constitue un jalon critique. Activer le poêle dès le lendemain d’une pose fraîche, même à feu doux, revient à tester une ligne électrique immédiatement après coulage d’une chape abritant les gaines : tout est encore en phase de stabilisation. Respecter les 48 à 72 heures indiquées sur les fiches techniques, voire un peu plus dans les pièces peu ventilées, offre à la colle le temps nécessaire pour atteindre ses performances nominales.
Erreurs fréquentes autour des zones chaudes et comment les éviter
Plusieurs incidents constatés sur le terrain se répètent souvent, avec les mêmes causes. La première consiste à utiliser une colle “classique” murale ou une acrylique pour un parement situé à quelques dizaines de centimètres seulement d’un foyer. Sur le moment, tout semble tenir, mais après quelques cycles hiver/été, des fissures apparaissent entre pierres, voire entre parement et support.
La seconde erreur touche à l’absence de joint de dilatation ou d’espace technique autour de l’appareil. Coller les pierres au plus près du poêle, sans aucun jeu ni solution de ventilation, augmente la contrainte thermique sur la colle. Dans un tableau électrique, on veille à la circulation de l’air pour éviter les surchauffes ; autour d’un foyer, la logique est la même.
Enfin, l’oubli de la coordination avec les réseaux existants (électricité, parfois conduites techniques) peut compliquer la donne. Un câble trop proche d’une zone de forte chaleur, caché derrière un parement, est aussi problématique qu’une colle non adaptée. D’où l’intérêt, avant tout montage, de repérer et, si besoin, de déporter certains circuits, en respectant les profondeurs et cheminements conseillés pour les saignées.
En résumé, un parement autour d’un poêle s’aborde comme une zone sensible : on choisit des matériaux certifiés, on anticipe les dilatations, et on laisse à la colle le temps de développer toute sa résistance avant de monter en régime. C’est le prix d’un mur qui reste aussi sûr qu’élégant, saison après saison.
Durabilité, entretien et contrôles réguliers : préserver un parement collé sur le long terme
Une fois le parement en place, la mission ne s’arrête pas. Comme pour une installation électrique, la durabilité passe par des vérifications ponctuelles et quelques gestes d’entretien. Un mur habillé de pierre ou de plaquettes reste exposé aux chocs, aux poussières, à l’humidité ambiante et, parfois, aux micro-mouvements du bâtiment. Sans entretien, même une colle de qualité peut être perturbée par des infiltrations ou des dégradations lentes mais continues.
La première routine consiste à inspecter les joints une fois par an, de préférence en période sèche et tempérée. Une microfissure ou un joint qui se creuse localement signale une zone fragile. Intervenir tôt, en nettoyant puis en rechargeant le joint, évite que l’eau ou la poussière ne pénètrent jusqu’à la colle. Cette logique rejoint celle des vérifications de serrage dans un tableau : une petite retouche préventive vaut mieux qu’une panne généralisée.
Le nettoyage du parement doit rester doux. L’eau claire, éventuellement associée à un détergent neutre, suffit dans la majorité des cas. Les produits agressifs type javel ou solvants peuvent attaquer la surface du parement, fragiliser certaines pierres reconstituées, voire interagir avec les joints. Les éléments en bois à proximité, comme les étagères ou les huisseries, gagnent à être entretenus et protégés parallèlement, en suivant des méthodes adaptées au matériau. Là encore, des ressources pratiques sur la façon de restaurer un meuble en bois ou de nettoyer et protéger les boiseries complètent bien la démarche globale d’entretien de la pièce.
Sur les façades extérieures, le contrôle de l’humidité est capital. Une infiltration au-dessus d’un parement peut lentement détremper la colle, surtout si le jointoiement n’était pas parfaitement continu. Les signes d’alerte sont discrets : une légère sonorité creuse quand on tapote, une pierre qui “bouge” très légèrement sous la main, une décoloration locale. Réagir à ce stade permet de déposer quelques éléments, de traiter la cause (fuite, fissure du support), puis de recoller proprement.
Dans les pièces intérieures fortement sollicitées (entrée, cage d’escalier, contour de poêle), surveiller les coups et accrocs reste utile. Une pierre ébréchée ou un angle cassé peut être remplacé tant que la colle n’est pas fortement atteinte. Au-delà , il faudra parfois dégarnir une zone un peu plus large pour recréer une continuité de support, appliquer un mortier frais et repartir sur une base saine.
Checklist annuelle pour garder un parement solide et esthétique
Pour piloter sereinement la vie du parement, une petite liste d’inspection à effectuer une fois par an suffit largement :
- Vérifier la stabilité visuelle : alignements, absence de pierres qui “tombent” visuellement, joints réguliers.
- Contrôler la solidité au toucher : tapotements légers pour repérer d’éventuelles zones creuses.
- Inspecter les joints : microfissures, creusements, traces d’infiltration ou de salissures persistantes.
- Observer les zones chaudes : pour les parements proches d’un poêle, surveiller les décolorations anormales ou microfissures thermiques.
- Nettoyer en douceur
En appliquant ces quelques gestes avec la même rigueur que pour une visite de maintenance électrique, le parement conserve son rôle de protection décorative, sans mauvaise surprise. Objectif : un mur qui ne “disjoncte” pas sous la pression du temps, et qui reste le décor fiable des moments de vie au quotidien.
Quelle est la colle la plus adaptĂ©e pour un parement autour d’un poĂŞle Ă bois ?
Pour un parement proche d’un poĂŞle Ă bois ou d’une cheminĂ©e, il est recommandĂ© d’utiliser un mortier-colle haute tempĂ©rature ou une colle Ă©poxy spĂ©cifique. Ces produits rĂ©sistent aux cycles de chauffe rĂ©pĂ©tĂ©s sans se fissurer ni perdre leur adhĂ©rence. Il faut Ă©galement respecter les distances de sĂ©curitĂ© autour de l’appareil et, si besoin, protĂ©ger le conduit avec un coffrage adaptĂ© avant de poser le parement.
Peut-on utiliser la même colle pour de la pierre naturelle et de la pierre reconstituée ?
Certains mortiers-colles flex de qualité professionnelle conviennent aux deux, mais il est important de vérifier la compatibilité indiquée par le fabricant. La pierre naturelle est plus lourde et parfois plus sensible aux additifs : elle réclame souvent une colle plus performante, voire époxy dans les zones exigeantes. La pierre reconstituée tolère en général des mortiers flex standards, hors proximité directe de fortes sources de chaleur.
Un parement collé peut-il se poser sur une cloison en plaque de plâtre ?
Oui, Ă condition que la cloison soit suffisamment rigide, en bon Ă©tat et prĂ©vue pour supporter ce type de charge. Pour les parements lourds, il est prĂ©fĂ©rable de travailler sur des plaques renforcĂ©es ou un support maçonnĂ©. La colle doit ĂŞtre compatible avec le plâtre et un primaire d’accrochage est souvent nĂ©cessaire. Dans les zones chaudes, on Ă©vite de coller directement les pierres sur une simple cloison lĂ©gère non protĂ©gĂ©e.
Combien de temps faut-il attendre avant de chauffer un poĂŞle après la pose d’un parement ?
Il est gĂ©nĂ©ralement conseillĂ© d’attendre au minimum 48 Ă 72 heures avant toute mise en tempĂ©rature, parfois davantage selon la colle utilisĂ©e et l’Ă©paisseur de la pose. Ce temps permet au mortier d’atteindre une rĂ©sistance suffisante. La première chauffe doit rester progressive, sans surcharger immĂ©diatement l’appareil, afin de limiter les chocs thermiques sur la colle et les joints.
Comment savoir si la colle de mon parement commence à lâcher ?
Les premiers signes sont subtils : sensation de son creux en tapotant certaines pierres, joints qui se fendent ou se creusent localement, microfissures en pĂ©riphĂ©rie. Sur un mur extĂ©rieur, des traces d’humiditĂ© ou des efflorescences blanches peuvent aussi indiquer que l’eau s’infiltre derrière le parement. En cas de doute, il est prĂ©fĂ©rable de dĂ©poser quelques Ă©lĂ©ments dans la zone concernĂ©e pour vĂ©rifier l’Ă©tat du support et de la colle, puis de recoller proprement avant que la dĂ©gradation ne s’Ă©tende.



