Comment protéger ses appareils des surtensions ?

Publié le 09/02/2026
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Les surtensions font partie des risques invisibles d’une installation électrique. Elles ne font pas de bruit, ne laissent parfois aucune trace visible, mais peuvent fragiliser ou détruire en quelques secondes des équipements coûteux : box internet, téléviseurs, vélos électriques, ordinateurs, domotique, congélateurs. Dans un logement moderne, où chaque pièce concentre de l’électronique sensible, la question n’est plus de savoir si une surtension surviendra, mais si l’installation est correctement préparée pour y résister. Entre la foudre, les coupures réseau, les manœuvres du distributeur et les défauts internes, les origines sont multiples et souvent combinées.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui des solutions simples et efficaces pour limiter ces risques, à condition de comprendre ce qui se joue réellement dans les circuits. Protéger ses appareils ne consiste pas seulement à acheter une multiprise parafoudre au hasard. Cela implique aussi de vérifier la qualité de la mise à la terre, l’état du tableau électrique, la répartition des circuits, la puissance du compteur, mais aussi quelques gestes de prudence au quotidien. Dans de nombreux cas, un diagnostic rapide, inspiré de méthodes professionnelles, permet déjà de repérer les principales faiblesses et d’y remédier avant qu’un incident ne coûte plusieurs centaines d’euros en matériel endommagé.

Peu de temps ? Voici l’essentiel :
Les surtensions proviennent autant du réseau public que de l’installation interne (foudre, manœuvres, moteurs, défauts).
La base de la protection passe par une bonne mise à la terre, un tableau électrique conforme et des dispositifs parafoudre adaptés.
Les appareils sensibles doivent être protégés localement (multiprises parafoudre, onduleurs) et branchés sur des circuits bien identifiés.
En cas de doute sur l’état de l’installation ou après un incident, mieux vaut faire vérifier le tableau et la terre par un électricien qualifié.

Sommaire

Comprendre les surtensions électriques domestiques pour mieux protéger ses appareils

Pour protéger efficacement ses appareils des surtensions, il est essentiel de comprendre ce qui se passe réellement dans les conducteurs. Une installation domestique classique fonctionne en France sur une tension nominale de 230 V. Une surtension, c’est tout simplement une élévation brutale et temporaire de cette tension au-dessus de la valeur prévue. Cette élévation peut être très courte, de l’ordre de la microseconde, ou durer plusieurs millisecondes, mais suffire pour endommager des composants électroniques très sensibles.

Ces phénomènes ne se voient pas à l’œil nu. Pourtant, un même logement peut subir plusieurs surtensions dans une seule journée, sans qu’aucun disjoncteur ne déclenche. Les protections classiques (disjoncteur, fusible) sont conçues pour s’ouvrir en cas de surintensité, pas de surtension. C’est une nuance essentielle : un disjoncteur protège les conducteurs et les personnes, mais pas nécessairement les cartes électroniques modernes truffées de composants miniatures.

Les principales sources de surtensions dans un logement

On pense spontanément à la foudre. Effectivement, un impact direct sur un bâtiment ou à proximité du réseau peut injecter une onde de choc électrique dans les lignes. Même sans impact direct, une décharge dans le voisinage se propage dans les conducteurs sous forme d’onde, pouvant atteindre votre tableau. Pourtant, en pratique, beaucoup de dégâts sur appareils proviennent de sources plus banales. Les manœuvres sur le réseau par le gestionnaire (par exemple lors de travaux, de commutations de lignes ou de rétablissements de courant) génèrent aussi des pics transitoires.

À l’intérieur même de la maison, plusieurs équipements créent des perturbations : moteurs de réfrigérateur, pompes, volets roulants, climatiseurs, charges à découpage dans certains chargeurs, mais aussi certains radiateurs électriques. Un moteur qui s’arrête brutalement génère une surtension passagère, notamment si l’installation n’est pas correctement conçue ou vieillissante. Les risques d’une mauvaise isolation électrique sont d’ailleurs bien détaillés sur des ressources spécialisées comme cet article dédié à l’isolation des circuits, qui rappelle combien un câble fatigué peut amplifier ces phénomènes.

Surtensions, microcoupures et variations de tension : ne pas tout confondre

Dans un logement moderne, les habitants constatent parfois des clignotements de lumière ou des redémarrages de box internet. Il peut s’agir d’une microcoupure (coupure brève de l’alimentation) ou d’une baisse de tension temporaire. Ces défauts sont souvent visibles, mais ne provoquent pas toujours de casse immédiate. Les surtensions, au contraire, se manifestent rarement de façon spectaculaire. Elles “marquent” les circuits en silence, provoquant des défaillances progressives : téléviseur qui peine à s’allumer, alimentation d’ordinateur qui claque, modules domotiques qui deviennent instables.

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Pour un bricoleur averti, la nuance est importante. Une installation qui subit fréquemment des variations de tension ou des coupures mérite un examen plus approfondi : puissance de compteur, répartition des circuits, qualité du neutre. Le choix de la puissance de compteur adaptée à un foyer moyen peut d’ailleurs jouer un rôle dans la stabilité globale, notamment pour éviter des pointes de consommation trop proches de la limite contractuelle.

Pourquoi l’électronique moderne est si vulnérable

Les appareils récents embarquent des composants miniaturisés fonctionnant à basse tension interne : 12 V, 5 V, parfois 3,3 V. Pour transformer les 230 V du réseau en ces faibles niveaux, ils utilisent des alimentations électroniques à découpage. Ces cartes sont légères, efficaces et compactes, mais beaucoup plus sensibles aux surtensions qu’un vieux transformateur lourd en cuivre. Un pic à quelques centaines de volts peut suffire à perforer un composant ou détériorer une piste de circuit imprimé.

Dans les logements modernes, chaque pièce concentre de l’électronique : thermostats connectés, caméras, assistants vocaux, variateurs d’éclairage, volets roulants, plaques de cuisson, radiateurs pilotés. Sans dispositifs adaptés, une seule surtension peut toucher simultanément plusieurs dizaines d’équipements. C’est précisément pour cette raison que la norme NF C15-100 a intégré de façon croissante la notion de parafoudre d’installation, en particulier dans les zones exposées à la foudre.

Comprendre ces mécanismes, c’est déjà faire un premier pas vers une stratégie cohérente de protection, qui ne se limite pas à ajouter des blocs multiprises, mais s’intéresse à l’ensemble de la chaîne, du compteur jusqu’à la prise murale.

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Rôle du tableau électrique, de la mise à la terre et des parafoudres dans la protection contre les surtensions

Une protection sérieuse contre les surtensions commence au cœur de l’installation : le tableau électrique. C’est lui qui accueille l’arrivée du réseau, répartit l’énergie sur les différents circuits et porte la plupart des dispositifs de sécurité : disjoncteurs, interrupteurs différentiels, contacteurs, modules de commande. Pour encaisser et évacuer l’énergie des surtensions, le tableau doit s’appuyer sur deux éléments clés : une bonne mise à la terre et un ou plusieurs parafoudres adaptés à la configuration du logement.

Lorsque l’électricité arrive au tableau, chaque surtension suit aussi ce chemin. L’objectif n’est pas d’empêcher totalement la surtension de se produire, ce qui serait irréaliste, mais de la canaliser et de l’évacuer vers la terre sans qu’elle traverse les appareils. C’est exactement le rôle du parafoudre : offrir un chemin préférentiel pour le courant de pointe, plus « facile » que d’emprunter les circuits d’alimentation des équipements.

La mise Ă  la terre, base indispensable de toute protection

La terre joue le rôle de soupape de sécurité. Sans prise de terre correcte, un parafoudre devient largement inefficace, puisqu’il ne saurait renvoyer l’excès d’énergie nulle part. Une terre défectueuse, trop résistive ou coupée, peut même aggraver certains phénomènes en laissant les surtensions se répartir de façon anarchique dans l’installation. Avant même d’investir dans un parafoudre, il est donc logique de vérifier l’état de la terre, l’existence d’un conducteur de protection continu et conforme, et la qualité des liaisons équipotentielles.

Des ressources détaillées existent pour accompagner ces vérifications, notamment des guides pas à pas expliquant comment mettre à la terre une installation dans le respect des normes actuelles. Pour un bricoleur prudent, c’est un sujet qui mérite une attention prioritaire, d’autant que la terre conditionne aussi le bon fonctionnement des dispositifs différentiels, donc la protection des personnes.

Parafoudres de type 1, 2 et 3 : quelle différence ?

Les parafoudres d’installation se déclinent en plusieurs catégories, généralement appelées type 1, type 2 et type 3. Le type 1 se place en tête d’installation, au plus près de l’arrivée du réseau, et sert surtout dans les bâtiments disposant d’un paratonnerre ou très exposés à la foudre directe. Le type 2 est le plus courant en habitat résidentiel ; il se situe dans le tableau principal et protège l’ensemble des circuits contre les surtensions transitoires d’origine atmosphérique ou réseau.

Les parafoudres de type 3, eux, se placent au plus près des appareils sensibles, souvent sous forme de blocs multiprises parafoudre ou de modules intégrés à certaines prises murales. Ils complètent l’action des types 1 et 2 en filtrant les résidus de surtension à l’extrémité de la chaîne. Une protection optimale associe ces niveaux de défense : interception en tête, dissipation dans le tableau, filtrage en bout de ligne. Chaque étage réduit progressivement l’énergie résiduelle, jusqu’à un niveau acceptable pour les composants électroniques.

Conformité NF C15-100 et organisation du tableau

La norme NF C15-100 encadre la manière d’installer les équipements de protection dans un tableau. Elle précise notamment les conditions d’obligation ou de recommandation des parafoudres selon les zones géographiques, le type d’alimentation et la présence de lignes aériennes. Au-delà de cette obligation, la norme impose aussi une organisation claire des circuits : repérage des départs, protection différentielle adaptée, calibre des disjoncteurs, sections de câbles.

Un tableau bien structuré permet de repérer facilement les circuits les plus sensibles (informatique, congélateur, domotique, pompe de relevage) et d’y associer des dispositifs renforcés. Des méthodes pratiques expliquent comment repérer les circuits dans un tableau sans schéma, ce qui rend possible un travail de sécurisation sans tout refaire. Cette approche progressive est particulièrement utile en rénovation, lorsqu’il faut composer avec une installation existante parfois ancienne.

Exemple concret : moderniser un tableau ancien

Imaginons un pavillon des années 80, équipé d’un tableau à fusibles, sans repérage précis, et sans parafoudre. Les occupants ont ajouté au fil des ans une box internet, un home cinéma, des ordinateurs portables, une borne de recharge lente pour un véhicule électrique. À chaque orage, la crainte d’un incident revient, et un téléviseur a déjà été remplacé après un épisode violent. La modernisation du tableau peut suivre plusieurs étapes : ajout d’une barrette de terre contrôlée, remplacement des fusibles par des disjoncteurs modulaires, installation d’un parafoudre de type 2, puis création de circuits dédiés pour les équipements critiques.

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Dans ce cas, chaque action se renforce mutuellement : la terre fiable permet au parafoudre de fonctionner correctement, les circuits dédiés évitent les interactions indésirables, le repérage facilite toute intervention ultérieure. Progressivement, l’installation se rapproche des standards actuels de sécurité et de résilience face aux surtensions. Le tableau devient non seulement plus sûr, mais aussi plus lisible pour tout professionnel appelé en renfort.

Solutions locales : multiprises parafoudre, onduleurs et bonnes pratiques au quotidien

Une fois la base assurée au niveau du tableau et de la terre, la protection des appareils passe par des solutions locales. Certains équipements restent particulièrement exposés : box internet, routeur, ordinateur fixe, NAS, télévision, chaîne hi-fi, consoles, mais aussi systèmes domotiques et alarmes. Ils sont souvent branchés en grappe, sur une même prise, et restent alimentés presque 24 h/24. L’usage réfléchi de multiprises parafoudre de qualité, complétées au besoin par des onduleurs, permet de limiter nettement les dégâts potentiels.

Ces dispositifs ne sont toutefois efficaces que s’ils sont choisis, installés et utilisés avec discernement. Une multiprise surchargée, branchée sur une prise mal câblée ou sans terre, perd en grande partie son intérêt. De la même façon, un onduleur sous-dimensionné ou mal ventilé ne rendra pas le service attendu. La protection locale demande donc quelques repères simples mais précis.

Choisir une multiprise parafoudre de qualité

Une multiprise parafoudre digne de ce nom doit afficher des caractéristiques claires : tension maximale supportée, énergie d’absorption en joules, présence d’un indicateur de fonctionnement réel. Les modèles bas de gamme se contentent parfois d’un simple interrupteur lumineux et d’une mention « surge protector » peu détaillée. Pour des équipements coûteux, mieux vaut viser des produits disposant de données techniques complètes et d’une protection sur tous les pôles, y compris le conducteur de terre.

Il est aussi pertinent d’examiner la qualité globale de la multiprise : section des conducteurs, intégrité mécanique, présence ou non de protections enfants. Une multiprise utilisée en permanence derrière un meuble TV ou sous un bureau accumule parfois la poussière et la chaleur. Un modèle robuste, correctement ventilé et peu sujet à l’échauffement est préférable. Enfin, la longueur du câble doit être adaptée pour éviter de multiplier les rallonges, source de désordre et de risques additionnels.

Quand recourir Ă  un onduleur ?

Les onduleurs (UPS) assurent une double fonction : ils filtrent certaines surtensions et maintiennent une alimentation de secours en cas de coupure. Pour un ordinateur, un NAS ou une box internet, cela permet de terminer une sauvegarde, d’éviter une panne brutale de disque dur ou une corruption de données. Tous les onduleurs ne se valent pas : certains se contentent de basculer sur batterie lors d’une coupure, d’autres corrigent en continu les variations de tension (technologie line-interactive ou online).

Pour un usage domestique, un onduleur line-interactive bien dimensionné suffit généralement pour protéger un poste informatique ou une baie multimédia. L’utilisateur doit simplement veiller à ne pas y brancher des appareils à forte puissance (chauffage, imprimante laser, moteur). L’idée est de réserver la capacité de l’onduleur aux appareils réellement sensibles, afin d’optimiser à la fois la durée de secours et la durée de vie de la batterie.

Liste de réflexes simples pour limiter l’impact des surtensions

Au-delà du matériel, quelques habitudes contribuent à renforcer la protection globale des appareils. Ces gestes ne remplacent pas les dispositifs techniques, mais les complètent utilement au quotidien.

  • DĂ©brancher les appareils sensibles lors des gros orages, surtout si la maison est isolĂ©e ou alimentĂ©e par lignes aĂ©riennes.
  • Éviter les multiprises en cascade, qui compliquent l’écoulement des surtensions et augmentent les risques d’échauffement.
  • RĂ©partir les gros consommateurs (four, lave-linge, sèche-linge) sur diffĂ©rents circuits pour limiter les chutes et pics de tension locaux.
  • VĂ©rifier rĂ©gulièrement l’état visuel des prises et des multiprises : traces de chauffe, odeurs suspectes, clips de maintien fatiguĂ©s.
  • Remplacer les chargeurs douteux ou sans marque claire, souvent mal protĂ©gĂ©s contre les variations de tension.

Appliqués avec constance, ces réflexes réduisent les sollicitations subies par les cartes électroniques et limitent les risques de défaillances silencieuses. Ils s’intègrent naturellement dans une démarche de maintenance régulière de l’habitat.

Diagnostic et entretien de l’installation : tester, repérer et anticiper les risques de surtension

Pour protéger ses appareils sur le long terme, il est judicieux de vérifier périodiquement l’état réel de l’installation. Un logement ancien, une extension récente, un changement de mode de chauffage ou l’ajout de bornes de recharge peuvent modifier l’équilibre initial des circuits. Sans tomber dans la paranoïa, quelques contrôles simples, inspirés des pratiques professionnelles, permettent d’identifier les points faibles avant qu’une surtension ne les fasse céder.

Ce diagnostic n’implique pas forcément un chantier lourd. Il peut commencer par une observation minutieuse du tableau, des prises, de la terre, complétée par des mesures ciblées avec un multimètre ou un contrôleur approprié. De nombreux bricoleurs sérieux souhaitent d’ailleurs comprendre comment procéder en sécurité, sans prendre de risque inutile.

Utiliser les bons outils de mesure en toute sécurité

Le multimètre reste l’outil de base pour contrôler tension, continuité et parfois résistance de terre (dans certaines limites). Encore faut-il savoir le régler, choisir le bon calibre, et éviter les erreurs classiques comme la mesure de tension en mode ampèremètre. Des guides pas à pas expliquent précisément comment utiliser un multimètre en toute sécurité, avec des schémas clairs et des conseils de prudence.

Pour un diagnostic lié aux surtensions, le multimètre permet surtout de vérifier la présence correcte de la tension nominale, l’absence de tension parasite entre neutre et terre, et la continuité du conducteur de protection. Pour des analyses plus pointues (formes d’onde, pics transitoires), les professionnels utilisent des appareils spécialisés comme des analyseurs de réseau ou des oscilloscopes portables, mais ces équipements dépassent généralement le cadre domestique.

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Tester un ancien réseau avant de le moderniser

Les mensurations les plus utiles dans un contexte de rénovation visent à s’assurer de la capacité de l’installation à supporter de nouveaux équipements. Avant d’ajouter un parafoudre ou de multiplier les blocs de prises, il peut être nécessaire de tester un ancien réseau avant rénovation. Cette étape permet de vérifier la continuité des conducteurs, l’absence de défauts d’isolement significatifs et le bon dimensionnement des protections existantes.

Un contenu spécialisé comme ce guide complet sur le test des anciens réseaux détaille les méthodes employées : mesures d’isolement, vérification des sections, contrôles de serrage, repérage des circuits partagés. Ces vérifications servent de socle à toute stratégie de protection contre les surtensions, car elles garantissent que l’énergie parasite trouvera bien un chemin sûr pour s’écouler sans surcharger un câble fragile ou un appareil déjà fatigué.

Tableau récapitulatif des points de contrôle prioritaires

Pour ne pas se perdre dans les détails, il peut être utile de disposer d’une vision synthétique des vérifications les plus utiles lorsqu’on cherche à protéger ses appareils.

Élément à vérifier Objectif Fréquence recommandée
Continuité et valeur de la prise de terre Assurer l’évacuation correcte des surtensions Tous les 5 ans ou après travaux majeurs
État et serrage des bornes du tableau Limiter les échauffements et micro-arcs générateurs de pics Tous les 3 à 5 ans
Présence et bon fonctionnement du parafoudre Garantir la protection globale de l’installation Contrôle visuel annuel, remplacement selon notice
État des prises murales et multiprises Éviter les points de faiblesse et les mauvais contacts Observation annuelle et à chaque ajout d’appareils
Répartition des gros consommateurs sur les circuits Limiter les variations brusques de tension locales À chaque modification importante d’équipement

En suivant ces quelques repères, il devient possible de maintenir dans le temps un niveau de protection cohérent, même si le parc d’appareils évolue et que de nouveaux usages électriques apparaissent dans le logement.

Protéger les appareils dans un habitat moderne : domotique, chauffage électrique, solaire et véhicules

Les habitats récents et les rénovations importantes intègrent de plus en plus de technologies : chauffage électrique piloté, gestion intelligente de l’éclairage, panneaux solaires, bornes de recharge, volets roulants connectés. Chacun de ces systèmes dialogue avec les autres et avec l’extérieur, via le réseau électrique, le réseau informatique et parfois le réseau télécom. Cette interconnexion multiplie les chemins possibles pour une surtension, mais offre aussi de nouveaux leviers de protection, à condition de les intégrer dès la conception.

Un cas typique est celui d’un logement où le chauffage électrique a été modernisé, parfois couplé à une installation solaire. Les radiateurs sont équipés de cartes électroniques, de sondes et de modules de communication. La centrale domotique pilote les températures pièce par pièce. Les panneaux photovoltaïques injectent leur production via un onduleur, qui se synchronise au réseau. Dans ce contexte, une surtension non maîtrisée peut affecter simultanément plusieurs sous-systèmes.

Chauffage électrique et électronique de pilotage

Les générations récentes de radiateurs et de planchers chauffants électriques embarquent une régulation fine, souvent connectée. Un défaut d’alimentation ou une surtension peut provoquer des dysfonctionnements subtils : radiateur bloqué en marche, thermostat qui ne répond plus, module de communication perdu. Certains symptômes, comme un radiateur qui chauffe même fermé, peuvent parfois masquer une cause électrique plus profonde, liée à un relais ou un module de commande fragilisé par des perturbations.

Là encore, la combinaison d’une bonne base (terre, tableau, parafoudre) et de protections locales pour les centrales de commande ou les box permet de limiter les incidents. Lors de l’ajout de nouveaux radiateurs ou d’une régulation centralisée, il est judicieux de vérifier le dimensionnement des circuits, la qualité des connexions et la compatibilité avec l’installation existante.

Couplage solaire et chauffage électrique : vigilance sur l’électronique

Le développement du photovoltaïque résidentiel amène de plus en plus de foyers à coupler solaire et chauffage électrique. Dans ce cas, la production locale vient alimenter directement ou indirectement des convecteurs, des radiateurs à inertie ou un plancher chauffant. L’onduleur solaire, véritable cœur électronique de l’installation, assure la conversion du courant continu des panneaux en courant alternatif compatible avec le réseau domestique.

Cette électronique est elle-même très sensible aux surtensions, qu’elles proviennent de la foudre, du réseau ou d’une mauvaise qualité de terre. La protection des lignes DC (panneaux–onduleur) et AC (onduleur–tableau) par des parafoudres adaptés, ainsi que la coordination avec la terre du bâtiment, devient alors un enjeu central. Un soin particulier doit être apporté au cheminement des câbles, pour éviter les boucles susceptibles de capter les ondes de foudre. Les installateurs sérieux intègrent ces considérations dès la conception, mais il est utile que les occupants en comprennent les grandes lignes.

Domotique, objets connectés et sécurité des alimentations

Dans un habitat connecté, chaque prise, chaque interrupteur peut devenir un point de contrôle intelligent. Ces modules s’insèrent dans les boîtes d’encastrement ou se branchent en façade, et communiquent via Wi-Fi, Zigbee, Z-Wave ou d’autres protocoles. Chacun contient une alimentation miniaturisée et une carte électronique. Une surtension sur le réseau 230 V peut donc endommager plusieurs dizaines de modules en une seule fois, avec à la clé une panne globale du système domotique.

La meilleure stratégie consiste à traiter ces équipements comme un ensemble cohérent, à protéger via des circuits bien identifiés, surveillés et, si possible, sécurisés par des parafoudres et des dispositifs différentiels adaptés. Le fait de regrouper l’alimentation des centrales, passerelles et box sur une même zone protégée (par exemple, un petit coffret dédié dans un local technique) facilite aussi la maintenance et limite la propagation des perturbations.

Un disjoncteur suffit-il à protéger les appareils contre les surtensions ?

Non. Un disjoncteur protège surtout les conducteurs et les personnes contre les surintensités et les courts-circuits. Les surtensions sont des élévations brèves de la tension, souvent trop courtes pour provoquer l’ouverture d’un disjoncteur. Pour protéger efficacement les appareils, il faut des dispositifs spécifiques comme les parafoudres d’installation, complétés au besoin par des multiprises parafoudre ou des onduleurs pour les équipements sensibles.

Faut-il installer un parafoudre dans tous les logements ?

La norme NF C15-100 le rend obligatoire dans certaines zones exposées à la foudre ou en présence de réseaux aériens, mais il reste fortement recommandé partout où l’on souhaite protéger des appareils électroniques sensibles. Même en zone urbaine, une installation avec beaucoup d’informatique, de domotique ou de multimédia gagne à être équipée d’un parafoudre de type 2 en tête d’installation, à condition que la mise à la terre soit correcte.

Les multiprises parafoudre bon marché sont-elles suffisantes ?

Elles peuvent offrir une première barrière, mais leur efficacité et leur durée de vie varient beaucoup selon la qualité de fabrication. Sans parafoudre d’installation ni bonne mise à la terre, elles ne suffisent généralement pas à protéger l’ensemble d’un logement. Pour des équipements coûteux (PC, NAS, TV, box), mieux vaut privilégier des multiprises de marque reconnue, avec des caractéristiques techniques claires et, si possible, les combiner à une protection en amont.

Comment savoir si un parafoudre est encore fonctionnel ?

La plupart des parafoudres modulaires disposent d’un indicateur visuel (souvent vert ou rouge) qui signale leur état. Après plusieurs surtensions importantes, l’élément interne peut se dégrader et nécessiter un remplacement. Un contrôle visuel annuel du tableau, complété par la lecture de la notice du fabricant, permet de planifier ce remplacement. En cas de doute après un gros orage, il est prudent de faire vérifier l’installation par un électricien.

Débrancher les appareils pendant un orage est-il vraiment utile ?

Oui. Couper physiquement la liaison entre les appareils et le réseau, en retirant la fiche de la prise, reste l’un des moyens les plus sûrs d’éviter les dégâts en cas de foudre très proche. Cette précaution est particulièrement pertinente pour les équipements les plus sensibles ou coûteux, comme les téléviseurs haut de gamme, les systèmes hi-fi, les PC fixes et certaines box. Elle complète, mais ne remplace pas, la présence de parafoudres et d’une bonne mise à la terre.

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