À quoi sert un différentiel 30 mA ?

Publié le 16/02/2026
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Dans une maison moderne, les câbles se cachent dans les murs, mais le danger électrique, lui, reste bien réel. Un simple fil dénudé ou un appareil légèrement humide peut suffire pour transformer un geste du quotidien en choc violent. C’est précisément là qu’intervient le différentiel 30 mA, ce petit module du tableau électrique qui coupe le courant avant que le corps humain ne subisse des dégâts irréversibles. Encore faut‑il savoir le reconnaître, comprendre ce qu’il surveille et comment vérifier qu’il fait correctement son travail.

Face aux normes de plus en plus exigeantes, notamment la NF C 15‑100, les dispositifs différentiels ne sont plus une option mais une obligation. Pourtant, dans de nombreux logements anciens ou partiellement rénovés, on croise encore des montages approximatifs, des protections mal calibrées, voire l’absence totale de 30 mA sur certains circuits sensibles. Entre la protection des personnes, celle des biens et la continuité de service, il est essentiel de distinguer les rôles des différents calibres, de 30 à 500 mA, pour éviter aussi bien les drames que les coupures intempestives du quotidien.

Différentiel 30 mA : rôle précis et différence avec 100, 300 et 500 mA

Un dispositif différentiel 30 mA surveille en permanence l’équilibre entre le courant qui entre dans un circuit et celui qui en ressort. Tant que tout va bien, la somme des intensités est nulle. Dès qu’une partie du courant s’échappe vers la terre, par un câble abîmé, un châssis métallique ou le corps humain, l’appareil détecte cette fuite et coupe automatiquement l’alimentation. Le seuil de 30 milliampères n’a rien d’arbitraire : il correspond à une zone où le risque de fibrillation ventriculaire devient trop important pour être toléré.

Les études reprises dans la norme IEC 60479-1 montrent que, dès 50 à 75 mA traversant le thorax pendant une fraction de seconde, la probabilité d’arrêt cardiaque augmente brutalement. Un différentiel 30 mA est donc conçu pour déclencher avant que cette intensité ne soit atteinte. En pratique, la majorité des appareils commencent à réagir dès 20 mA de fuite et coupent en quelques dizaines de millisecondes, bien avant que les muscles ne se tétanisent et que la victime ne reste collée au conducteur sous tension.

Ce niveau de sensibilité explique pourquoi le 30 mA est exclusivement destiné à la protection des personnes. À l’inverse, un différentiel de 300 mA est dix fois moins sensible. Il laisse passer des fuites capables de provoquer une électrocution mortelle, mais détecte suffisamment tôt les défauts d’isolement susceptibles d’échauffer lentement un câble ou une connexion jusqu’à l’incendie. Sa mission est donc de protéger les biens, pas la santé des occupants. Il trouve naturellement sa place dans les locaux industriels, en tête de grandes lignes d’alimentation ou sur des installations photovoltaïques, jamais sur des prises accessibles dans un logement.

Entre les deux, le 100 mA occupe une position intermédiaire, utile dans certains environnements tertiaires ou pour des équipements professionnels inaccessibles au public. Il tolère des micro‑fuites naturelles, fréquentes sur de longues lignes ou des systèmes très capacitif, tout en repérant les défauts significatifs. Enfin, le 500 mA correspond généralement au disjoncteur de branchement posé par le distributeur d’énergie. Son rôle est d’assurer une protection globale et la sélectivité différentielle avec les 30 mA du tableau : il ne doit sauter qu’en dernier recours, uniquement lorsque les protections en aval ont échoué.

Pour visualiser ces usages, le tableau ci‑dessous synthétise les principales sensibilités :

Calibre différentiel Type de protection Applications typiques Cadre réglementaire
30 mA Protection des personnes (électrocution) Circuits terminaux d’habitation : prises, éclairage, circuits spécialisés Obligatoire en logement selon NF C 15‑100
100 mA Protection intermédiaire Équipements pros inaccessibles, locaux techniques spécifiques Autorisé dans le tertiaire/industrie, circuits non accessibles
300 mA Protection des biens (risques d’incendie) Tertiaire, industriel, onduleurs de centrales solaires Interdit sur circuits domestiques accessibles
500 mA Protection générale d’installation Disjoncteur de branchement en amont du tableau Régi par la NF C 14‑100

On le voit : choisir entre 30 mA et 300 mA n’est jamais neutre. Le premier a vocation à sauver des vies, le second à éviter que les murs ou la charpente ne prennent feu. Dans une habitation, la question ne se pose même pas : tous les circuits terminaux doivent impérativement dépendre d’un différentiel 30 mA, quitte à ajouter plusieurs modules pour respecter les limites de la norme et éviter les déclenchements en cascade.

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Fonctionnement pratique d’un interrupteur ou disjoncteur différentiel 30 mA

Un différentiel 30 mA peut prendre deux formes : l’interrupteur différentiel et le disjoncteur différentiel. Tous deux intègrent une protection différentielle, c’est‑à‑dire le mécanisme qui mesure en continu le courant de fuite. Le disjoncteur ajoute, en plus, la défense contre les surcharges et les courts‑circuits, ce que ne fait pas l’interrupteur. Dans les logements, la solution la plus répandue reste l’interrupteur différentiel en tête de rangée, associé à des disjoncteurs divisionnaires pour chaque circuit.

Techniquement, le cœur du système repose sur un tore magnétique, un anneau ferromagnétique traversé par tous les conducteurs actifs du circuit (phase et neutre). Tant que la somme des courants qui passent par ce tore est nulle, le champ magnétique généré reste équilibré. Dès qu’un déséquilibre apparaît, par exemple si une partie du courant s’échappe vers la terre, ce champ varie et induit une tension dans une bobine de détection. Cette bobine déclenche alors un rupteur mécanique qui ouvre le circuit.

  Comprendre le rĂ´le du tableau Ă©lectrique et des fusibles pour la sĂ©curitĂ© de votre installation

Cette réaction doit être extrêmement rapide. La norme IEC 61008 impose des temps de coupure très courts, de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes, pour limiter les effets physiologiques du courant sur le corps humain. Le bouton « T » que l’on trouve sur la façade ne sert pas à jouer : il crée volontairement une petite fuite de courant simulée, forçant le dispositif à déclencher. Un différentiel qui ne réagit pas au test est un différentiel à remplacer.

Dans un tableau domestique moderne, le 30 mA se place entre le disjoncteur de branchement et les disjoncteurs divisionnaires. Son calibre en ampères (25 A, 40 A, 63 A…) doit être adapté à la somme des intensités possibles en aval. Sur une rangée qui alimente four, plaques, lave‑vaisselle et prises de cuisine, mieux vaut privilégier un modèle 63 A pour éviter que le différentiel ne devienne le point faible de la chaîne. La NF C 15‑100 ne se contente pas de fixer un calibre minimal, elle limite aussi à 8 circuits maximum par interrupteur différentiel, afin de contenir le cumul des micro‑fuites naturelles.

Il est clair également que la performance d’un différentiel 30 mA dépend de la qualité de la mise à la terre. Une prise de terre mal réalisée ou absente réduit considérablement l’efficacité de la protection, car le courant de fuite ne trouve pas de chemin privilégié pour s’évacuer. C’est l’une des raisons pour lesquelles un diagnostic complet d’installation doit toujours comprendre la mesure de la résistance de terre, au même titre que la vérification des calibres ou de l’isolement des conducteurs.

Pour les bricoleurs qui rénovent eux‑mêmes un garage ou un atelier, la question de la puissance disponible se pose rapidement. Avant de multiplier les machines ou de tirer des lignes supplémentaires, il est judicieux de vérifier si l’abonnement et le tableau permettent de dimensionner correctement l’alimentation d’un atelier ou d’un garage. Un différentiel 30 mA calibré trop juste par rapport à l’usage risque de déclencher régulièrement sans pour autant signaler un défaut de sécurité.

Pour qu’un différentiel 30 mA remplisse pleinement sa fonction, quelques réflexes simples s’imposent :

  • Tester le bouton « T » tous les mois pour vĂ©rifier la coupure instantanĂ©e.
  • ContrĂ´ler le nombre de circuits raccordĂ©s sous chaque diffĂ©rentiel, et ajouter une rangĂ©e si la limite de huit est dĂ©passĂ©e.
  • Surveiller les dĂ©clenchements nocturnes, souvent liĂ©s au chauffe‑eau ou Ă  l’humiditĂ© sur des circuits extĂ©rieurs.
  • VĂ©rifier la cohĂ©rence type d’appareils / type de diffĂ©rentiel (AC, A, F, B) pour Ă©viter les coupures parasites.

Une fois ce fonctionnement bien compris, il devient beaucoup plus simple de diagnostiquer les pannes récurrentes et d’anticiper les besoins lors d’une rénovation ou d’une extension de l’installation.

Norme NF C 15‑100 et obligations de différentiel 30 mA dans l’habitation

La norme NF C 15‑100 encadre l’ensemble des installations électriques basse tension en France. Elle évolue régulièrement pour suivre l’arrivée de nouveaux équipements, comme les bornes de recharge pour véhicule électrique ou les systèmes photovoltaïques, mais un principe demeure : tous les circuits terminaux d’un logement doivent être protégés par des dispositifs différentiels haute sensibilité 30 mA. Cette exigence ne concerne pas seulement les prises de courant, mais aussi l’éclairage, les volets roulants ou les circuits de chauffage.

La norme impose au minimum deux interrupteurs différentiels 30 mA par logement, de manière à segmenter l’installation. L’objectif est double. D’abord, répartir les risques : si un différentiel déclenche, tous les appareils ne s’arrêtent pas en même temps, ce qui limite l’impact sur la vie quotidienne. Ensuite, contenir le nombre de circuits par différentiel pour éviter le cumul des fuites et les coupures intempestives. Dans la pratique, les installations neuves de taille moyenne comptent souvent trois à quatre différentiels 30 mA.

La typologie de ces dispositifs a aussi son importance. Un type AC convient pour les circuits classiques (éclairage, prises générales). Le type A est obligatoire pour les circuits susceptibles de générer des composantes continues, comme les plaques à induction, le lave‑linge ou certaines bornes de recharge domestiques. Des types F ou B peuvent être requis pour des usages spécifiques, par exemple pour des équipements électroniques sensibles ou des onduleurs particuliers. Un tableau bien conçu panache ces différents types, en les affectant aux rangées les plus adaptées.

Dans les logements anciens, la situation est souvent plus confuse. On rencontre parfois un seul différentiel 30 mA en tête de tableau qui protège l’ensemble des circuits, voire encore de vieux tableaux à fusibles dépourvus de toute protection différentielle. Or, les anciens tableaux à fusibles sont désormais proscrits dans les rénovations importantes, précisément parce qu’ils ne garantissent pas la sécurité des occupants face aux défauts d’isolement.

Lorsqu’un propriétaire s’attaque à une rénovation globale, la question se pose donc rapidement : faut‑il garder l’ancien matériel ou repartir sur un tableau conforme ? Le plus souvent, la réponse est claire. Moderniser un tableau obsolète, c’est l’occasion d’intégrer plusieurs différentiels 30 mA adaptés, d’organiser les circuits par zones (cuisine, pièces d’eau, extérieurs) et de préparer les évolutions futures, par exemple l’ajout d’un poêle avec coffrage, d’une borne ou d’une VMC gaz. L’article expliquant que faire d’un ancien tableau à fusibles illustre bien les enjeux de sécurité et de conformité.

Les pièces d’eau bénéficient d’une vigilance particulière. Dans une salle de bains ou une buanderie, la combinaison eau + métal + sol conducteur rend les contacts électriques beaucoup plus dangereux. C’est pourquoi les volumes de protection définis par la NF C 15‑100 imposent des distances minimales et limitent les types d’appareils autorisés à proximité de la baignoire ou de la douche. Mais, même parfaitement respectés, ces volumes n’ont de sens que si tous ces circuits sont protégés par un 30 mA réactif et correctement câblé.

La conformité ne se résume pas à un tampon sur un rapport : elle conditionne la sécurité quotidienne. Une installation neuve qui respecte à la lettre la NF C 15‑100, avec des déclenchements clairement sélectifs entre 30 mA, 300 mA éventuels et disjoncteur de branchement, limite drastiquement le risque de choc électrique grave dans l’habitation.

  Quelle est la diffĂ©rence entre un disjoncteur et un fusible ?

Différentiel 30 mA et sécurité domestique : risques évités, exemples concrets

Dans un logement, les défauts d’isolement ne se voient pas toujours. Un câble pincé derrière un meuble, une rallonge fatiguée, un luminaire de jardin mal étanche ou un chauffe‑eau en fin de vie peuvent rester silencieux pendant des mois avant de poser problème. Le rôle du différentiel 30 mA est précisément de détecter ces anomalies avant qu’elles ne se traduisent par une électrisation. Sans lui, la première alerte peut être un choc dans la main, ou pire, un accident mortel.

Les risques d’électrocution augmentent dans plusieurs situations typiques : intervention sur un appareil encore branché, utilisation d’un outil électrique en extérieur par temps humide, contact avec un châssis métallique devenu conducteur dans une salle de bains. Dans chacun de ces scénarios, une fuite de courant se crée vers la terre, que le différentiel 30 mA doit détecter en une fraction de seconde. Si la protection est absente, mal dimensionnée ou défectueuse, le corps humain devient alors le chemin de retour vers le sol, avec des conséquences parfois irréversibles.

Les dangers ne concernent pas seulement les chocs directs. Une mauvaise isolation électrique peut provoquer un échauffement progressif des conducteurs ou des boîtiers de dérivation. Au fil des heures, l’isolant se dégrade, le plastique cuit et le risque d’embrasement augmente. Pour comprendre en détail ces phénomènes et leurs effets sur la structure du bâtiment, il est utile de se pencher sur les risques d’une mauvaise isolation électrique, qui ne se limitent pas aux simples coupures de courant.

Un différentiel 30 mA bien positionné agit comme un chien de garde. Lorsqu’un lave‑linge laisse fuir un courant vers sa carcasse métallique, l’utilisateur peut poser la main dessus sans percevoir autre chose qu’un léger picotement — si le 30 mA coupe instantanément. Dans une autre situation, un enfant qui insère un objet conducteur dans une prise mal protégée peut être sauvé par ce déclenchement ultra‑rapide. Dans les pièces d’eau, ce rôle devient vital : une fuite de courant dans un ballon d’eau chaude, combinée à un défaut de terre, est l’un des scénarios les plus redoutés par les électriciens.

Autre point fréquemment observé : le différentiel qui saute la nuit. Beaucoup de clients s’en plaignent sans comprendre l’origine du problème. Or, dans la majorité des cas, le déclencheur se trouve du côté du chauffe‑eau en heures creuses ou des appareils extérieurs soumis à la rosée et à la condensation. Lorsque la résistance d’un cumulus commence à se percer, une fuite de courant se produit dans la cuve. Le 30 mA interprète cette fuite comme un danger potentiel et coupe l’alimentation, exactement comme il est censé le faire.

Les différents types de différentiels (AC, A, F, B) contribuent également à la sécurité, en tenant compte de la nature des courants de fuite. Les équipements électroniques modernes, riches en alimentation à découpage, peuvent générer des composantes continues capables de saturer un différentiel inadapté. C’est la raison pour laquelle certains congélateurs, climatiseurs ou bornes de recharge imposent des types spécifiques, mieux armés pour distinguer les défauts réels des simples perturbations.

En arrière‑plan, le confort acoustique et thermique de la maison joue aussi un rôle dans la perception des défauts. Un mur mal isolé, une VMC mal entretenue ou un appareil de chauffage bruyant peuvent masquer les premiers signaux d’alerte, comme un bourdonnement anormal sur un coffret ou un claquement répétitif de disjoncteur. Pour ceux qui s’interrogent sur l’origine de certains nuisances, les analyses proposées sur le bruit dans la maison et ses causes possibles permettent parfois de relier une gêne sonore à un dysfonctionnement électrique latent.

Qu’il s’agisse d’éviter l’électrocution ou de prévenir l’incendie, le message reste le même : un différentiel 30 mA en bon état est un rempart indispensable. Son action est discrète, mais son absence ne pardonne pas le jour où un défaut d’isolement se manifeste réellement.

Diagnostic, entretien et rénovation : comment vérifier ses différentiels 30 mA

Dans de nombreux logements, personne n’a pris le temps de vérifier sérieusement le tableau électrique depuis des années. Les étiquettes sont illisibles, des circuits ont été ajoutés au fil du temps, parfois sans respecter les règles de l’art, et les occupants ne savent plus distinguer un interrupteur différentiel d’un simple disjoncteur divisionnaire. Pourtant, quelques contrôles simples permettent déjà d’évaluer si les différentiels 30 mA remplissent correctement leur rôle.

La première étape consiste à repérer visuellement ces appareils. Ils portent généralement la mention « 30 mA » sur la face avant et disposent du fameux bouton « T ». Un bon réflexe est de compter les disjoncteurs divisionnaires associés à chaque différentiel. Au‑delà de huit, le risque de cumuler les micro‑fuites augmente, ce qui peut expliquer des déclenchements répétitifs sans défaut franc sur un appareil déterminé. Dans ce cas, la solution ne consiste pas à remplacer le différentiel par un modèle plus « costaud », mais à ajouter un deuxième 30 mA pour répartir la charge.

Le test mensuel du bouton « T » reste incontournable. L’appui doit provoquer une coupure nette. Si l’interrupteur refuse de basculer, ou si le courant reste présent sur les circuits, le dispositif est potentiellement défaillant et doit être changé. De même, un différentiel qui déclenche de manière erratique, sans qu’aucun appareil ne soit mis en cause après un diagnostic sérieux, peut être en fin de vie. Dans ce cas, son remplacement par un modèle moderne garantit à nouveau une sécurité optimale.

Les projets de rénovation sont l’occasion idéale pour remettre d’équerre l’ensemble de la protection différentielle. Lorsqu’on refait une salle de bains, qu’on remplace un vieux ballon d’eau chaude ou qu’on aménage des combles, il est pertinent de profiter du chantier pour revoir le tableau, vérifier les calibres, ajouter des rangées dédiées et anticiper les besoins futurs. Ce travail va souvent de pair avec d’autres postes techniques comme la ventilation, par exemple dans le cas d’une installation de VMC avec chauffage au gaz, où la coordination entre extraction, alimentation et coupure de sécurité est essentielle.

  Comment mettre Ă  la terre une installation ?

Un exemple concret illustre bien ce type de démarche. Dans une maison construite au milieu des années 90, le tableau ne comporte qu’un seul interrupteur différentiel 30 mA type AC, placé en tête d’une douzaine de disjoncteurs. La cuisine moderne a été ajoutée plus tard, avec plaques à induction, lave‑vaisselle et four puissant, tous rattachés à ce même différentiel. Résultat : des coupures fréquentes, surtout lorsque plusieurs appareils fonctionnent simultanément. La rénovation du tableau a consisté à installer un type A 40 A pour les circuits spécialisés de cuisine, un type AC 63 A pour l’éclairage et les prises générales, et un type F pour sécuriser le congélateur et l’informatique. Après répartition des circuits, les déclenchements se sont raréfiés, tout en améliorant la protection.

La durée de vie des équipements protégés par ces différentiels joue également un rôle. Un chauffe‑eau en fin de course, par exemple, peut multiplier les petits défauts d’isolement et provoquer des coupures répétées. Mieux vaut alors se poser la question de son remplacement plutôt que de suspecter uniquement le différentiel. Pour se faire une idée de la longévité moyenne et des signaux d’usure, il est utile de consulter des ressources sur la durée de vie d’un chauffe‑eau et les symptômes de fin de vie.

Un diagnostic sérieux d’installation ne s’arrête pas au simple test des 30 mA. Il englobe la vérification de la terre, l’état des conducteurs, la conformité des volumes dans les pièces d’eau, la qualité des connexions dans les boîtes et l’adaptation des calibres aux sections de câble. Mais la présence de différentiels 30 mA bien choisis, bien répartis et testés régulièrement reste le socle incontournable d’une rénovation électrique réussie.

Différentiel 30 mA et nouveaux usages : domotique, bornes, photovoltaïque

Les habitudes de consommation électrique évoluent rapidement : bornes de recharge pour véhicule électrique, panneaux solaires, objets connectés et gestion domotique globale de la maison se multiplient. Dans ce contexte, le rôle du différentiel 30 mA devient encore plus stratégique. Non seulement il doit continuer à protéger efficacement les personnes, mais il doit aussi cohabiter avec des équipements produisant davantage de perturbations électriques.

La recharge des véhicules électriques en est un bon exemple. Une borne domestique de 7 kW ou plus impose systématiquement un différentiel 30 mA de type A, voire B selon les modèles. Ces dispositifs sont conçus pour détecter des courants de fuite incluant des composantes continues importantes, générées par les chargeurs embarqués. Installer une borne sur un simple 30 mA type AC, déjà fortement sollicité par d’autres circuits, relève de la fausse économie : le jour où se produira un défaut sérieux, la protection risque de ne pas se comporter comme prévu.

Les installations photovoltaïques soulèvent d’autres questions. Du côté alternatif (AC) de l’onduleur, les fabricants préconisent le plus souvent un différentiel de 300 mA, car le fonctionnement normal de l’électronique génère des courants de fuite capacitifs suffisants pour faire déclencher un 30 mA sans qu’il y ait de danger réel pour les personnes. Le 300 mA garde alors un rôle de protection des biens contre l’incendie, tandis que les circuits terminaux de la maison restent, eux, sous la garde de 30 mA. L’ensemble doit être pensé pour conserver une sélectivité correcte entre les différents niveaux de protection.

La montée en puissance de la domotique conduit aussi à multiplier les petits alimentations à découpage, qu’il s’agisse de modules enfichés dans les boîtes d’encastrement, de prises connectées ou de passerelles réseau. Chacun de ces appareils contribue à une légère fuite de courant et à un niveau de perturbations de fond. Si l’ensemble est mal réparti sur les différentiels, un 30 mA peut se retrouver en permanence proche de son seuil et déclencher à la moindre variation. C’est pourquoi les installations les plus abouties tiennent compte de ces charges « invisibles » dès la conception du tableau.

Dans les pièces techniques, comme les garages ou les locaux où l’on installe des équipements de chauffage ou de ventilation, ces enjeux sont encore plus marqués. Un coffrage de conduit de poêle mal pensé, par exemple, peut compliquer l’accès aux connexions électriques ou masquer des boîtes devenues inaccessibles. La bonne pratique consiste à coordonner ces travaux avec la réflexion sur les circuits, les protections et les voies de passage, comme on le ferait pour un coffrage de conduit de poêle en plaques de plâtre où l’on doit à la fois respecter les distances au feu et les contraintes électriques.

À l’avenir, les compteurs communicants et les systèmes de gestion d’énergie permettront d’affiner encore le suivi des consommations et la répartition des charges. Mais même avec ces technologies avancées, le différentiel 30 mA restera le maillon de base qui protège physiquement les occupants. C’est lui qui, silencieusement, arbitre chaque instant entre un défaut bénin et une situation à couper net, sans négociation possible.

Comment reconnaître un différentiel 30 mA dans un tableau électrique ?

Un différentiel 30 mA se repère à la mention « 30 mA » inscrite sur la face avant, généralement proche du levier de manœuvre. Il possède aussi un bouton de test marqué d’un « T ». Il est placé en tête d’une rangée de disjoncteurs divisionnaires, entre le disjoncteur de branchement et les circuits qu’il protège.

Pourquoi mon différentiel 30 mA déclenche-t-il souvent ?

Des déclenchements répétés peuvent venir d’un appareil défectueux (chauffe-eau, lave-linge, appareil extérieur humide), du cumul de micro-fuites sur trop de circuits raccordés au même différentiel ou d’un différentiel vieillissant. Il faut d’abord isoler les appareils en les débranchant un à un, puis vérifier qu’il n’y a pas plus de 8 circuits en aval. Si tout est correct mais que les coupures persistent, le remplacement du différentiel s’impose.

Un différentiel 300 mA protège-t-il aussi les personnes ?

Non. Un différentiel 300 mA est conçu pour protéger les biens contre les risques d’incendie liés à des défauts d’isolement importants. Sa sensibilité est trop faible pour garantir la sécurité des personnes en cas d’électrocution. Dans une habitation, seuls les différentiels 30 mA sont autorisés pour la protection des circuits terminaux accessibles.

Faut-il remplacer un ancien tableau à fusibles par un tableau avec différentiels 30 mA ?

Oui, dès que l’installation fait l’objet d’une rénovation importante ou présente des signes de vétusté, le remplacement d’un ancien tableau à fusibles est fortement recommandé. Les fusibles n’assurent aucune protection différentielle, contrairement aux interrupteurs et disjoncteurs différentiels 30 mA, désormais imposés par la NF C 15-100 pour la sécurité des occupants.

À quelle fréquence doit-on tester un différentiel 30 mA ?

Il est conseillé d’appuyer sur le bouton de test « T » une fois par mois pour vérifier que le déclenchement est immédiat. Il faut aussi réaliser ce test après toute intervention sur le tableau ou sur les circuits raccordés. Un différentiel qui ne réagit pas doit être remplacé sans attendre.

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